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Comme au bon vieux temps ☾ Philippe

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MessageSujet: Comme au bon vieux temps ☾ Philippe Dim 17 Nov - 14:15


Vendredi, 08 novembre 2013, vers 13h00


Je ne sais pas dire si j’ai apprécié la soirée de Samain ou pas mais je suis sûre d’une chose, la démolition d’une maison cette nuit-là n’est pas de mon fait ! Pour une fois… Les bruits vont vite et j’ai été un peu déçue de ne pas être à cette fête. J’aurai tant voulu retrouver la totalité de mes pouvoir au moins pour une nuit. Mais passons… les regrets, c’est pour les saints.

Je m’étais levée de bonne heure, boulot pourri oblige. Je haïssais cette vie inutile à livrer ces putains de journaux. J’attendais avec toujours plus d’impatiente le soir venu pour sortir mon essence, mes torches, mes couteaux et mes autres outils de travail. Ceux-là étaient plus proches de ce que j’étais qu’aucune autre idiotie.
Imaginez avoir vécu une vie en parfaite symbiose avec la nature. De pouvoir la comprendre et la ressentir, parfois même l’entendre. Les esprits de la nature étaient silencieux ici, peut-être même incarné. Quelle horreur cela devait être. Ce béton, ces murs, ces vitres, ces voitures et toutes ces choses immondes qu’ils osaient appeler le progrès.

Ce fameux progrès avait coûté la mort aux habitants proches de la Forêt Noire et l’ascension de leurs enfants. Une bonne chose en tous les cas. J’avais créé des monstres, et alors ? Ces gamins et gamines avaient eu bien plus de chance avec les esprits qu’avec ces imbéciles qui se croyaient au dessus des lois de la nature.
Morrigan que la forêt me manquait… que les esprits me manquaient également… Je voulais vibrer avec la terre comme autrefois. Imbécile de Regina.

En ayant terminé avec ma distribution de journaux, je pris la direction du seul endroit qui valait le coup à mes yeux, Granny. On y mangeait bien et j’avais mangé assez de pizza cette semaine pour m’en dégoûter. C’est une belle pièce de viande saignante que je commandais mais en demandant des pommes de terre et du pain. Pas de légumes là-dedans, je n’en avais pas envie. Je réclamais de l’eau et m’installais en attendant. Je crevais de faim…
J’aurais infiniment préféré chassé ma nourriture, la faire cuir moi-même, me préparer ma nourriture. Mais c’était trop risqué. Ces foutus touristes pouvaient me tomber dessus n’importe quand et ça m’aurait vraiment énervée d’être interrompue en pleine partie de chasse. Et puisque mon cher père m’avait sommée de me tenir tranquille… et bien soit, je resterais tranquille mais j’espérais que le jeu en valait la chandelle !

Mais alors que j’étais perdue quelque part dans le Territoire Vert, près de chez ma mère, au pied de l’arbre qui avait reçu mon premier sacrifice, je vis entrer une vieille… très vielle connaissance. Aloys… J’avais des difficultés à utiliser les prénoms qui étaient employés normalement.
Comment vivait-il cette vie misérable lui ? Comment assumait-il ? Je doutais franchement du fait qu’il se débrouillait mieux que moi. Si j’étais proche de la nature, il en faisait partie. Inquiète ? Moi ? Et puis quoi encore. Bon, ok… un peu mais il n’y avait là aucun sentiment niais.
Lui et moi nous comprenions autrefois alors j’avais dû à l’imaginer accepter cette vie fade et ridicule sans broncher. Pour preuve, il m’évitait, moi aussi du reste. Un peu… mais je crois qu’il était temps que ce jeu idiot se termine. Je n’en pouvais plus de ces gens et seul lui comprendrait mon envie de chasser, de me tenir loin de cette ville grise.
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Philippe G. Fleisch
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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps ☾ Philippe Lun 18 Nov - 15:57

Comme au bon vieux temps
Silke & Philippe
Philippe avait passé une matinée proprement éreintante à la clinique vétérinaire. C'était à croire que tous les animaux de Storybrooke, du plus petit au plus grand, avaient décidé de tomber malade le même jour. Sans broncher, et parce qu'il se refusait à laisser souffrir une bête, il avait ainsi enchaîné les consultations, rassurant les propriétaires et dispensant des soins aussi bien bénins que plus lourds. S'il avait eu des choses aussi anodines que des vaccins à prodiguer, il avait également dû s'occuper d'une vilaine fracture qu'un chat s'était fait en tombant du haut d'un arbre. On avait beau dire qu'ils retombaient toujours sur leurs pattes, lorsque la chute était trop haute, aucun félin n'était à l'abri d'une blessure !
Ce fut son dernier cas de la matinée, après quoi il ferma la clinique afin de pouvoir prendre une pause. Non sans avoir auparavant rangé et nettoyé sa salle de consultation, naturellement... A présent que le silence était revenu, sans nulle rumeur en provenance de la salle d'attente ni d'où que ce soit dans le bâtiment, il pouvait laisser à nouveau libre cours à ses pensées sombres et à sa frustration. Encore un jour de plus dans ce monde sans magie, dans cette peau humaine sans grand intérêt. Il lui semblait ressentir l'appel de son monde de plus en plus violemment à chaque nouvelle journée qui passait. Le regard dans le vague, tout à ses pensées, il laissa passer ses émotions dans de vigoureux coups de chiffon afin d'enlever toute trace de sang de sa table de soins. Le pauvre chat qui avait souffert de la fracture avait malheureusement écopé également de quelques plaies qui avaient sali le matériel... Après un dernier coup de désinfectant, le jeune homme remit tout en bon ordre avant d'aller raccrocher sa blouse et enfiler son manteau, qui était pendu à une patère près de la porte. En sortant, il referma la clinique à clé derrière lui, puis il leva les yeux vers le ciel. Il était voilé, grisâtre, et un vent frais venait piquer le visage. Quelques feuilles d'automne brunies voletaient au gré de la brise. Tout dans l'atmosphère évoquait la fin de l'automne, et l'arrivée prochaine de l'hiver. Tant mieux, Philippe avait toujours apprécié cette saison. Son estomac se mit alors à gargouiller, lui rappelant qu'il était largement l'heure d'aller se sustenter. Sans attendre, le vétérinaire prit donc la direction de chez Granny.

Les mains enfoncées dans les poches de son manteau, il marcha d'un pas vif jusqu'à l'auberge, saluant distraitement les habitants qui s'adressaient à lui. Il n'avait guère envie de s'arrêter pour bavarder, à vrai dire, et il était prêt à parier qu'il aurait encore pas mal de travail dans l'après-midi. En franchissant la porte, l'air chaud de la salle du restaurant lui sauta au visage. Sans trop de surprise, il y avait pas mal de monde aux différentes tables. Philippe ne prit guère la peine de contempler l'assemblée, et il se dirigea plutôt vers le comptoir pour passer commande. Un rapide coup d'oeil au menu lui suffit pour arrêter son choix : un hamburger maison, accompagné de frites et de salade, ainsi qu'une bière blanche pour faire descendre le tout. Sa commande effectuée, il se retourna afin de se mettre en quête d'une place où s'installer, une main toujours distraitement posée sur le comptoir. L'air de rien, son regard s'arrêta soudain sur un visage : Silke. Le jeune homme resta figé un instant, ne sachant trop quel comportement adopter. Mais son regard avait croisé celui de sa vieille complice, et il aurait sans doute été malvenu de se dérober. Encore. Oh, bien sûr, elle n'avait pas fait d'effort non plus pour tenter de renouer un lien quelconque avec lui, mais était-ce une raison pour ne rien tenter ?
Finalement décidé, Philippe prit la bière qu'on venait de lui poser sur le comptoir, et il alla jusqu'à la table que la jeune femme occupait. Désignant la banquette face à elle, il haussa un sourcil interrogateur.


« Cette place est libre ?

Se doutant de la réponse, il s'assit sans guère attendre. Il posa son verre de bière sur la table avant de déboutonner son manteau. Un moyen comme un autre de trouver quelque chose à dire. Il avait une sainte horreur des banalités crues, mais rien d'autre ne lui venait à l'esprit. Avec un petit sourire en coin, plus pour se donner contenance et dominer le malaise d'origine inconnue qui le tenaillait, il se décida à engager la conversation.

- Cela fait longtemps que nous n'avons pas... eu l'occasion de discuter. Comment te portes-tu ? »

Un frisson nostalgique lui parcourut l'échine, à peine ces mots avaient-ils franchi la barrière de ses lèvres. Que n'aurait-il pas donné pour revivre ces moments qu'ils avaient partagé ? Aussi bien leurs longues escapades dans les bois que leurs chasses communes, sans parler de moments plus... intimes... Ils étaient complices, dans leur monde, et nulle doute que retrouver une telle relation aurait été des plus agréables. Surtout dans ce monde qui semblait si hostile et si différent de tout ce qui leur tenait à cœur...
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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps ☾ Philippe Jeu 21 Nov - 17:47


Vendredi, 08 novembre 2013, vers 13h00


Le savoir ici, étrangement, m’avait réchauffé le cœur. Non pas pour quelques niaiseries si chères au cœur de ces imbéciles avec leur proverbe… mais bien parce que je savais que j’avais un allié ici bas. Certes, j’avais retrouvé mon père, je savais ma mère ici, j’avais un frère, une nouvelle famille à découvrir. Mais Aloys, Philippe, si on préfère, venait tout droit de mon passé. Nous avions été partenaires, amants, bourreaux. Nos passés s’entremêlaient irrémédiablement et même la malédiction n’avait pu nous empêcher de nous recroiser.
Je lui fis donc signe de s’asseoir d’un geste tranquille. C’était un pas immense compte tenu de la distance que nous avions conservé jusqu’à maintenant. « Installe-toi Philippe, je t’en prie. » Oui, quand l’envie m’en prenait, j’étais polie et plaisante… mais pas avec n’importe qui. Cela m’amusa d’autant plus qu’il s’installa alors que je n’avais même pas terminé ma phrase. Nous n’avions jamais eu besoin d’autorisation lui et moi.

Mon repas arriva devant moi alors qu’il posait ses affaires. Impolie pour le coup, je remerciais pour le repas mais n’attendit aucunement que Philippe reçoive le sien. Je me découpais une tranche de viande saignante et l’odeur me fit frissonner de plaisir. C’est vous dire à quel point la chasse me manquait. Alors que j’avalais mon morceau de viande, je souris.

« Aussi bien qu’il est possible de se porter ici. » Mon commentaire fut ponctué par un rictus mauvais. Comme lui, sans aucun doute, je vivais cette vie fort mal, avec une impression désagréable de vivre en cage. « Mais tu as raison, ça fait longtemps. Tu as l’air d’avoir passé une rude matinée dis-moi. »

Des banalités mais nous ne pouvions guère évoquer ici le bon vieux temps à moins de faire cela en messe basse. Nous étions tout deux haïs et même si certains nous avaient sans doute déjà reconnu, il ne valait sans doute mieux pas rallonger notre liste d’ennemis déjà conséquente… ou alors nous avions fait le vide bien mieux que je ne le croyais !

« Comment supportes-tu cette vie en cage mon cher Aloys ? » Volontaire de ma part évidement mais je parlais bien trop bas pour les gens nous entourant. J’avance ma main vers la sienne, serrant ma prise au niveau de son poignet. J’agissais souvent ainsi à l’époque pour lui démontrer mon humeur exécrable. Ici hélas, ni lui ni moi ne pouvions faire grand-chose pour calmer nos nerfs. Petite ville parfaite avec ses idéaux à y laisser son déjeuner. « Seras-tu capable de deviner quels prédateurs son en ville mon cher ? Et qui j’ai retrouvé contre toute attente dans ce monde terne… »
Oh… Il ne devinerait sans doute jamais que mon père traînait dans le coin et encore moins qui il était. Moi-même je n’aurais pas parié sur mes chances de le retrouver. Mais s’il y avait une personne avec qui je devais partager ce fait, c’était Philippe, Aloys, peu importe. Il était ce qui ressemblait le plus à une famille en dehors de ma mère adoptive et d’Eric.

Nos familles étaient bien étrange… moi liée à la nature, lui lié à elle par mes actes. Je n’avais jamais su s’il avait appris que j’étais responsable du massacre de son village, de sa présence en Forêt Noire… Cela n’aurait sans doute que peu d’importance. Il était comme moi et défendait ses biens avec force et rage.
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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps ☾ Philippe Ven 22 Nov - 18:40

Comme au bon vieux temps
Silke & Philippe
Philippe se saisit de son verre alors que Silke lui répondait, et but une lente gorgée de bière fraîche. Il ne pouvait certes qu'approuver sa réponse. Evidemment qu'on ne pouvait faire qu'au mieux avec les circonstances actuelles... vivre avec un manque aussi important que celui de son propre monde, voilà qui avait de quoi ternir la plus merveilleuse des journées ! En cela, ils étaient bien semblables... en cela comme en tant d'autres choses. Reposant son verre sur la table, il eut un petit sourire ironique lorsque la jeune femme lui annonça qu'il avait l'air de quelqu'un qui avait passé une rude matinée.

« C'est le moins que l'on puisse dire. La salle d'attente de la clinique vétérinaire était pleine d'animaux, et j'ai eu fort à faire. Faut-il que je les aime, ces petites bêtes...

Il poussa un soupir en se calant en arrière contre le dossier de la banquette. Alors qu'il regardait sa vieille complice manger, on lui apporta son hamburger. Remerciant d'un signe de tête, il s'y attaqua avec un entrain sincère. Tout ce travail de la matinée lui avait sérieusement ouvert l'appétit ! Mais puisqu'il fallait ici se comporter comme une personne civilisée, il prit soin de ne pas se jeter sur son plat, se contentant de manger de façon mesurée. Depuis qu'il avait retrouvé la mémoire, il trouvait parfois étrange de consommer de telles choses. Tandis qu'il vivait dans les bois, il se contentait de ce que la nature lui offrait : baies, fruits, racines, proies en tout genre. Oh, naturellement, il lui était arrivé de manger comme un humain normal, lorsqu'il s'était mêlé à eux... Mais rien de comparable avec ce que ce monde proposait. Il devait cependant se rendre à l'évidence, il avait vécu ici un certain temps, et pris des habitudes. Le lapin cru était autrement moins goûteux qu'un plat de bœuf en sauce. Sans doute se serait-il contenté d'une simple proie, s'il avait retrouvé sa part bestiale...
Il se débattait avec toutes ces considérations lorsque Silke lui demanda comment il supportait leur vie actuelle. Cette fois, il grimaça franchement.


- J'ai perdu une part de moi-même, comment veux-tu que je le vive ? J'ai l'impression d'être... amputé, comme si j'avais perdu un membre. Ce monde manque de nature sauvage et de magie. Les animaux sont persécutés et la nature violée pour des désirs égoïstes de parasites avides de satisfaire leur propre plaisir. Notre monde me manque terriblement. La solitude est difficile aussi, finalement...

Voilà une déclaration qui pouvait être très étonnante, surtout venant de lui. Pourtant, c'était un fait. Quelque chose qui ne l'avait jamais vraiment dérangé dans son monde devenait gênant dans celui-ci. Et puis, dans ses forêts, était-il seulement jamais seul ? Il avait la compagnie des esprits et des animaux, il sentait la vie et la magie, la nature et ses forces, tout ce qui le faisait se sentir vivant et entier... Ici, tout était différent. Ce n'était pas pour autant qu'il aurait été se mêler aux premiers venus, mais...

- Ce que je veux dire, c'est que de se retrouver coupé de tout ce qu'on a connu et de tout ce qu'on aime, c'est extrêmement difficile. Si on se trouve également éloigné de ceux à qui l'on tient, c'est encore pire. Je ne me suis jamais senti seul dans les bois, mais ici, il y a des moments où cela me ronge. J'ai bien souvent été parcourir la forêt environnante, mais j'ai l'impression d'être sourd, aveugle... D'avoir perdu tous mes sens.

C'était une impression désagréable. Sans sa part bestiale, il avait l'impression d'être faible comme un nouveau-né. Ce n'était sans doute pas le cas, car avec sa mémoire, il avait retrouvé ses capacités en milieu forestier, que son éducation lui avait valu. Mais il restait un simple homme... Sort cruel que voilà. Il piqua dans quelques frites qu'il mastiqua tandis que Silke le questionnait. Il avala, puis fronça les sourcils et se renfrogna. Il aurait presque pu sentir sa part animale montrer les crocs et coucher les oreilles, si elle avait été là...

- Quels prédateurs ? Mis à part Gold et Regina, tu veux dire ?

Philippe ne s'était pas réellement posé la question. Il savait à nouveau que Gold n'était autre que Rumplestiltskin, et que Regina était la responsable de la situation. Sa frustration et sa hargne s'étaient donc naturellement dirigées vers elle. Comment ne pas la haïr pour ce qu'elle avait fait ? Mais plus important encore, s'il existait dans cette ville des individus capables de les faire regagner leur monde, c'étaient bien ces deux-là, non ?
Baissant les yeux sur la main que la jeune femme avait serré fortement sur son poignet un peu plus tôt, comme au bon vieux temps, il poussa un grommellement audible d'elle seule.


- Si seulement je la tenais, et que je pouvais la broyer entre mes crocs... »

Une envie qu'il refrénait, afin de ne pas gâcher ses chances de rentrer chez lui. Et c'était sans doute également dû au fait que, justement, il n'avait pas le moindre croc, ici. Il ravala son amertume grâce à une bonne gorgée de bière, puis à une bouchée de hamburger.
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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps ☾ Philippe Mar 26 Nov - 14:27


Vendredi, 08 novembre 2013, vers 13h00


Rude matinée, j'avais deviner juste. Oui, il les aimait les animaux, sans doute plus que je ne les aimais. Il était aussi proche d'eux que de moi, il fallait le reconnaître. Quoi que... Je ne pouvais tout simplement pas sauver, j'étais de nature sanglante, j'achevais. Je laissais faire la nature. Mais ici, la nature n'avait aucun droit ou presque et cela me démoralisait prodigieusement.

« Tu as de tout temps eu une préférence pour les bêtes. C'est dans ton sang mon cher. » Et c'était peu de le dire. De mon côté, j'avais la mort dans les veines. Nous le savions tous les deux. Mais ici... Ici je n'avais plus rien qu'un ersatz de pouvoir. La blague était de mauvais goût, je me sentais amoindrie et je détestai être faible.

Au moins Granny savait-elle ce qu'était la cuisson saignante. Je n'avais jamais pu manger ma viande cuite comme tout un chacun, j'avais toujours trouvé qu'elle manquait de saveur. Sauf la volaille, mais c'était tout à fait différent. La viande rouge avait sans conteste meilleur goût.
Du coin de l’œil, je regardais Philippe manger avec entrain, il devait vraiment avoir les crocs. Sans mauvais jeu de mots. Le laissant se remplir l'estomac, j'avalais une frite ou deux tout en me disant que c'était peut-être la seule qui me manquerait quand je rentrerai dans mon monde. Car oui, je ne doutais pas un instant que je puisse un jour rentrer chez nous.
Bien évidement, avec la question qui fâche, je le vis s'emporter. Toujours une bête au moins dans son esprit. À lui non plus, on n'avait pas pu tout lui prendre.

« Je comprends ce que tu ressens. Mon pouvoir est amoindri ici... j'ai perdu mon immortalité et la nature est silencieuse. Elle ne parle pas. Les esprits ne sont pas ici. Quelque part, nous sommes effectivement seul. Mais nous avons un espoir. La magie est revenue, un peu. Nous retrouverons peut-être ce que nous avons perdu. » Je tendis ma main vers sa joue, y laissant courir mes doigts puis mes ongles sur sa barbe jeune. Toujours lui, à l'identique, la rage au ventre. C'est ce que j'avais apprécié chez lui. La méfiance, la rage, la colère froide, la bête et l'homme. « Et si cela ne nous revient pas... et bien nous trouverons une solution pour récupérer ce qui nous a été dérobé et crois-moi quand je te dis que j'y mettrais tout mon savoir-faire. » L'adage des biens pensants concernant leur magnifique avenir m'avait toujours fait rire. Le bien, comme il l'appelle, ne triomphe pas toujours...

« Tu n'as rien perdu. Ce monde est triste, morne. Les morts restent morts, la magie y était étrangère. Pas de tertres, pas de passage des morts, pas de ligne d'énergie. Nous ne sommes que des contes, des légendes, de la mythologie. Nous apparaissons, amoindris, dans des recueils, des romans... bafoués dans nos actes par des histoires qui ne sont qu'à moitié vrai et où ils ont fait de nous des romantiques, des lâches ou des meurtriers de basses engeances. »

Heureusement, mon petit commentaire sur les autres prédateurs qu'il y avait en ville firent mouche. Je pouvais presque sentir monter en lui un brin de territorialité et de bestialité. Toujours le même, avec ou sans bête... Par Morrigan, qu'il devait se sentir minable, tout comme moi.

« Oui, à part eux. Nous ne sommes pas les créatures les plus dangereuses des environs. » Je ne connaissais pas vraiment le Ténébreux et je n'en savais pas plus sur Regina en dehors de leur responsabilité commune concernant ce monde hideux mais... ils n'étaient pas dans mes intérêts de m'intéresser à eux pour le moment. J'avais d'autres choses à voir avant ça. Redevenir celle que j'avais été, par exemple. « Calme-toi, un jour, peut-être, ce sera possible mais pour l'heure... Effectivement, il y a plus intriguant. J'ai retrouvé ma famille d'origine et pas des moindres. » Je coupais un nouveau morceau de viande que je mastiquais consciencieusement. Je baissais encore d'un ton pour être bien certaine que cette conversation resterait privée. « Te rappelles-tu des rumeurs concernant les vampires ? Que l'on m'avait parfois confondus avec eux ? Nous ne les avions jamais rencontré. Figure-toi que le premier n'est nul autre que mon père. Crois-moi, Stoker a bien mal dépeint le personnage. Et il est ici, à Storybrooke, avec ma mère et mon demi-frère. Comprends-tu pourquoi je te parle d'autres prédateurs ? »

Nous étions dangereux lui et moi, même aujourd'hui. Dans le passé, nous avions été meurtriers, sanguinaires, juges et bourreaux. Mais aujourd'hui, nous avions à faire à plus fort que nous et heureusement pour nous... Nous n'avions pas à nous soucier du côté où nous nous trouvions.

Il fallait que je lui parle de tout cela, il était le seul qui pouvait comprendre à quel point ma situation avait été complexe et mes origines douteuses. J'étais ravie de retrouver Philippe. Il avait raison, dans ce monde, la solitude était pesante et notre lourd passé remplissait le vide que ce monde pouvait nous imposer.
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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps ☾ Philippe Jeu 5 Déc - 11:15

Comme au bon vieux temps
Silke & Philippe
Au moment où Silke avait posé sa main sur sa joue, et y avait laissé courir ses doigts, Philippe avait senti quelque chose se rallumer en lui. Quelque chose de nouveau et d'ancien à la fois. Presque d'instinct, il recouvrit de la sienne la main que la jeune femme avait sur sa joue. Il ne parvint pas, pour le moment, à mettre de nom sur son trouble, aussi se concentra-t-il plutôt sur ce que son amie disait. Comme il pouvait s'y attendre, elle le comprenait, et souffrait elle aussi du manque que ce monde lui occasionnait. Il était bon de pouvoir à nouveau s'entretenir avec quelqu'un de semblable à soi. Un mince sourire étira le coin de ses lèvres lorsqu'elle lui assura qu'elle mettrait toute son énergie à leur permettre de redevenir ce qu'ils étaient. Voilà qui faisait chaud au cœur. Il n'en pensait pas moins lui-même.
Tandis qu'il reprenait une gorgée de bière et piquait dans son assiette, son intérêt fut plus qu'accroché par ce qu'elle lui révéla à propos des prédateurs qui rôdaient en ville. S'il se rappelait ce que les gens disaient à propos des vampires ? Oh oui, il s'en souvenait à présent. En tant qu'homme, en tant que Bête, il avait entendu beaucoup de choses à ce propos près des villages lorsqu'il terrorisait une région avec l'aide de Silke. Il savait parfaitement qu'elle n'était pas une vampire, mais on ne pouvait pas en dire autant des humains terrifiés, qui y avaient cru plus d'une fois dur comme fer. Surpris, certes il l'était lorsqu'elle lui révéla l'identité de son père, et plus encore, qu'il était ici, à Storybrooke. Il marqua son étonnement en haussant les sourcils, la regardant droit dans les yeux sans bouger. Elle ne se moquait pas de lui, il le sentait. Par ailleurs, ils avaient tous été tellement francs l'un envers l'autre... Pourquoi cela aurait-il changé ? Assimilant l'information, il but une nouvelle gorgée de bière, puis lui répondit d'une voix posée.


« Ma foi, que voilà un féroce paternel.

Et en plus du paternel, voilà qu'elle retrouvait toute sa famille. Il était un peu curieux de savoir son ressenti à ce sujet, elle qui avait toujours été plutôt solitaire, comme lui. Aurait-il souhaité revoir sa famille ? Ses parents n'étaient plus, il en avait très vite acquis la certitude, dès sa jeunesse. Quant à ses frères et sœurs disparus... Peut-être aurait-il aimé revoir son aîné, pour lui montrer combien il était devenu fort. Mais dans ce monde-ci, privé de sa part bestiale, comment l'aurait-il pu ? Cette constatation le ramena à sa pensée première, son souci de retrouver son intégrité. Une idée germa dans son esprit, et il jeta à nouveau un œil en direction de son amie.

- J'imagine qu'il doit être puissant. Est-ce que tu crois qu'il connaîtrait un moyen de nous faire redevenir ce que nous sommes, ou de nous aider à rentrer chez nous ?

Sans doute était-il lui aussi coincé ici, mais Philippe s'était laissé dire que Regina et le Ténébreux avaient recouvré, ou jamais perdu, leurs pouvoirs. Alors si le père de Silke était effectivement Dracula, et rien de moins... Il avait lu l’œuvre de Stocker, avant que sa mémoire ne lui revienne. Un bon roman, mais qui ne rendait sans doute pas justice au personnage, comme c'était souvent le cas pour ceux qui peuplaient son monde. Dans le livre, le personnage était des plus calculateurs et relativement peu enclin à la compassion. Qu'en était-il du vrai personnage? Etait-il dans sa nature d'aider des inconnus ? Pourquoi le ferait-il ? Par conviction paternelle peut-être, qui sait, mais cela ne l'incluait pas, lui. Même s'il était persuadé, il ne savait pourquoi, que Silke ne le laisserait pas sur la touche si elle avait un moyen de leur faire retrouver leurs pouvoirs, ou de leur permettre de rentrer chez eux. Avec un soupir, il recula sur la banquette et se cala contre le dossier, avec un sourire un peu désolé sur les lèvres.

- Excuse-moi, je mets sans doute la charrue avant les bœufs. Qu'est-ce que tu... penses de lui ? »

Philippe ne pouvait ignorer le sentiment qui l'avait soudainement tiraillé, au moment où il avait appris que Dracula en personne rôdait dans les parages. Il l'avait tu, pour s'entretenir avec Silke, mais il avait presque pu sentir la Bête se hérisser en lui. Il savait, d'instinct, reconnaître le danger, et cet homme devait incontestablement l'être. Il faudrait rapidement savoir dans quel camp il se situait, et s'il était potentiellement hostile. Le vétérinaire n'avait pas oublié son fort instinct de survie, Malédiction ou pas. Il savait toujours pressentir lorsque quelqu'un représentait une menace. Exactement comme cela avait été le cas, il y a ce qui lui semblait une éternité...



Monde des contes – Des années auparavant.


Aloys avait chassé, ce soir. Sa fourrure était encore maculée du sang de sa victime. Il lui semblait encore entendre résonner à ses oreilles les plaintes terrifiées du malheureux. Il n'avait cependant nulle compassion pour lui. Il était de son devoir de protéger, et de punir. C'est ce qu'il avait fait, et les esprits en seraient contents. Un grondement de satisfaction monta de sa gorge, un son rauque et bestial, menaçant pour quiconque l'entendrait. Presque un ronronnement ou un rire, pour celui qui l'émettait.
La lune était pleine, cette nuit-là. La Bête releva la tête, humant le vent de sa truffe sensible. Les bois s'étendaient à perte de vue devant lui, et leur odeur sauvage et musquée lui emplissait les poumons. Quelle nuit pouvait être plus belle que celle-ci ? Comment être plus heureux qu'il ne l'était alors ? Sous ses pattes puissantes, il sentait le sol meuble et humide lui caresser les coussinets. Il était frais, témoin de la température nocturne. L'herbe servirait au moins à dissimuler ses traces, même s'il n'en avait cure. Il avait depuis longtemps appris à dissimuler sa piste. D'instinct, sa langue passa sur ses babines, comme pour en retirer le sang qui s'y accrochait encore. Le goût fort et métallique de l'hémoglobine humaine flatta ses papilles, et il sentit un frisson lui parcourir l'échine. Il se sentait entier et épanoui.

Alors qu'il allait enfin rejoindre les bois, qui ne se trouvaient plus qu'à quelques foulées, Aloys se figea. La truffe au vent, narines dilatées pour mieux humer l'air, il écoutait, soudain attentif et sur ses gardes. Ses oreilles pivotaient sur son crâne pour entendre le moindre bruit aux alentours. Et il finit par trouver ce qu'il cherchait. Il se retourna d'un bloc, son regard d'ambre se fixant immédiatement sur une silhouette solitaire debout sur une petite colline, derrière lui. Aussi distinctement que s'il avait été palpable, il sentit le danger qui émanait de l'inconnu. Ou plutôt, de ce qui l'entourait. Ce n'était pas là un des habitants qu'il devait châtier. C'était quelqu'un d'autre.
Sa fourrure se hérissa sur son échine, le faisait paraître encore plus imposant qu'il ne l'était. Un grondement sourd monta de sa gorge, prometteur de mort à qui oserait s'approcher. Ses babines se retroussèrent, découvrant des crocs puissants, acérés, et d'une blancheur presque irréelle. Ses oreilles plaquées sur le crâne, il sembla défier l'inconnu seulement quelques instants, afin de le dissuader d'approcher.
Mais son but n'était pas de combattre, au contraire. Il n'aimait guère ce qu'il sentait, ni ce qu'il ressentait. Il craignait plutôt la force que pourrait avoir cette menace nouvelle. Il n'avait pas peur, non. Il se battrait si cela était nécessaire. Mais il n'était pas suicidaire pour autant. La silhouette n'avait pas fait un mouvement vers lui, mais il préféra battre en retraite. Vivement, il tourna les talons et s'enfonça dans les bois derrière lui d'un trot souple et rapide. Il serait sur ses gardes, car si cette menace voulait s'en prendre à ce qu'il protégeait, il serait là pour l'accueillir. Car tel était son devoir, et telle était sa raison de vivre.
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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps ☾ Philippe Jeu 5 Déc - 20:55


Vendredi, 08 novembre 2013, vers 13h00


Comme il me plaisait de l’avoir à mes côtés... Notre monde me manquait farouchement et avoir retrouvé mon sang ne comblait pas tout. Ils évoluaient en clan, j’avais évolué seule ou avec Aloys, puis avec Eric. Notre passé me manquait dans ce présent. Lui et moi aimions à des niveaux qu’il était difficile de comprendre. L’amour... non, nous désirions. Si les gens prenaient cela pour de l’amour, ils étaient mal avisés.
Nous étions seuls, entourés de quelques distractions, au mieux. En tout cas, je ressentais les choses ainsi. Nos pouvoirs, nous les retrouverions, il le fallait, c’était aussi simple que ça.

Je ne doutais pas qu’il se souviendrait des vampires et des rumeurs. Sa mémoire était plus prodigieuse que la mienne. J’oubliais les détails, les années, le temps. J’oubliais des visages, des noms et tellement d’autres choses. Curieusement cependant, dans ce monde, ma mémoire n’était pas entachée de ce voile obscur.

« Exact. Hélas, ma famille évolue en clan et tu sais ce que je pense de cela. Peut-être pourrais-je tenir une vingtaine d’années, une cinquantaine dans le meilleur des cas mais... » Je ne pourrais jamais vivre avec eux éternellement, j’étais lucide. « Il l’est, c’est vrai, il me semble en tout cas. Le remord ne l’étouffe pas plus que nous. Il m’aidera et t’aidera aussi. » Je m’avançais peut-être mais je n’en donnerai pas le choix, il fallait l’avouer. Aloys m’était précieux, au-delà des mots ou au-delà des sentiments communs.
« Pour ce qui est de rentrer... J’ignore s’il peut y faire quelque chose. Je continue d’espérer que nous rentrerons. Il faut que nous rentrions. Ce monde serait bien capable de nous contaminer. »

Je le regardais se poser sur la banquette. Perdait-il espoir alors que nous venions à peine de retrouver nos anciennes vies ? Possible... Peut-être pourrais-je la lui rappeler, cette vie ? Mais pas ici, pas en en parlant comme d’un monde mort ou passer. Je soupirais en mangeant un morceau avant de lui répondre. « Je suis ravie, curieuse aussi. Je fais face à une toute nouvelle situation. Je ne suis pas encore certaine d’apprécier ou non. La famille semble être une chose étrangement compliquée tout en étant intéressante. De sang ou d’adoption. Mais ma famille, c’est la nature, les esprits, la mort... Morrigan, ma mère et toi. Eric aussi que tu n’as pas connu. Mais mon père, ma mère, mon demi-frère, bien que de mon sang, me sont inconnus. »

Je laissais mon assiette vide, recommandais un verre tout en observant ma chère, chère Bête. À quel point était-il territorial ? À quel point avait-il gardé ses mauvaises habitudes ? À quel point détendrions-nous l’un sur l’autre à présent ? Serait-ce comme autrefois ?

Monde des contes - Rencontre

J’avais entendu parler de cette Bête qui ravageait les environs, qui laissait les chasseurs perplexes et perdus. Trop grande pour être un loup, trop minutieuse et réfléchie pour être sauvage. Je m’étais approchée des forêts, j’avais traqué à ma façon. M’approchant jusqu’à ce qu’il puisse me sentir. Un loup énorme, une bête aux folles proportions.
Vêtue pour le voyage, le combat, mon odeur devait être bien étrange, il n’avait jamais rien dû sentir d’identique. Pas de peur, peu de vie, beaucoup de sang et la mort. Je le regardais s’éloigner après avoir démontré qu’il était le maître des lieux.

Bien décidée à ne pas lâcher, je laissais mon odeur partout dans les bois, sur la piste qu’il pouvait emprunter. Je restais finalement dans une portion de forêt envahie d’esprits mais au gibier sauvage. La Bête viendrait à moi, la piste que je lui avais laissée était bien trop claire pour qu’il ne soit pas tenté de la suivre. La curiosité l’emporterait tôt ou tard.
Je venais de faire la rencontre d’un prédateur aussi violent que je l’étais. Mais était-ce un animal de bout en bout ou plus que cela ? Je n’en aurais la réponse que lorsqu’il daignerait se montrer.

J’ignorais alors qu’il était devenu une Bête aussi grandiose de mon fait, qu’il était un des enfants de la Forêt Noire, qu’il serait un allié, un amant et un ami. Nos destins, si la chose existait, étaient liés, assurément...
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Philippe G. Fleisch
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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps ☾ Philippe Ven 6 Déc - 21:09

Comme au bon vieux temps
Silke & Philippe
Philippe termina en silence son assiette, alors que Silke lui parlait de sa famille. Un clan ne lui conviendrait pas ? C'était possible, après tout. Pour sa part, il n'avait jamais éprouvé le besoin d'avoir une sorte de meute, comme tous les loups en avaient une. Mais après tout, il n'en était pas vraiment un... Il était plus que cela. La jeune femme semblait optimiste quant aux capacités de son père retrouvé, et à sa volonté de leur prêter main-forte. Lui-même ne pouvait se départir malgré tout d'une note de méfiance. C'était dans sa nature. Il décida d'écarter tout cela de son esprit. Ce genre de pensées avait le don de tourmenter au-delà du raisonnable.

« J'irai m'entretenir avec le Ténébreux, tôt ou tard. Peut-être qu'il aura quelque chose de convaincant pour nous aider.

Il n'ajouta rien, haussant les sourcils par-dessus son verre de bière en entendant son amie mentionner un certain Eric. Il ne connaissait pas ce nom, à vrai dire, mais son évocation lui plut étrangement peu. Il reposa son verre désormais vide, fixant Silke du regard, puis il lâcha un léger grondement, qui n'avait rien de bestial, mais qui n'était pas sans rappeler sa nature profonde. Il se doutait qu'il n'avait pas été le seul homme à occuper le temps de son amie, et cela ne lui avait jamais posé de problème. Pourquoi alors se sentait-il... irrité ? Sa territorialité s'étendait-elle à elle maintenant qu'il avait souvenir de ce qu'il était ?

- Qui est cet Eric ?

Le vétérinaire avait lâché la question dans une sorte de grognement maussade. Malgré cela, il tâcha de s'installer confortablement sur la banquette, et de se détendre. Il devait perdre l'habitude de ruminer des sujets délicats, qui le taraudaient ensuite. Avec un soupir, il haussa les épaules et écarta le sujet d'un revers de la main. Son regard parcourut les murs du restaurant, dont la tapisserie figurait une foule de sapins sur fond gris. Cela lui tira presque un sourire, en raisons des souvenirs que ces arbres lui évoquaient.

- Peu importe. Je suis en train de me remémorer bien des choses, en voyant ces sapins sur les murs. C'est peut-être aussi ce qui fait que j'aime particulièrement cet endroit. Ca, et la cuisine de Granny. »

Il fallait avouer que l'auberge était un lieu presque sacré de Storybrooke, et tout le monde finissait par s'y retrouver, tôt ou tard. C'était même vrai pour des cas désespérés comme Silke et lui. Luttant contre une soudaine et folle envie de parcourir les bois en courant jusqu'à y perdre haleine, il préféra plonger son regard dans celui de son amie, et se perdre un instant dans d'heureux souvenirs, qui lui semblaient tellement lointains...



Monde des contes – Des années auparavant.


Cela faisait quelques jours, et l'odeur de l'intrus était partout. Aloys n'avait aucun mal à suivre sa piste dans les bois, avec la désagréable sensation que c'était exactement ce que l'on attendait de lui. Il évoluait à nouveau dans la forêt sous sa forme bestiale, ombre parmi les ombres, tous les sens aux aguets. L'intrus était sur son territoire, mais les forces de la nature ne semblaient pas se rebiffer contre sa présence. Voilà qui était pour le moins étrange. La Bête s'était montrée pour le moins prudente, se contentant d'observer. Même s'il n'y avait pas d'hostilité tangible de la part de l'inconnu, l'aura dangereuse qui s'en dégageait n'en était pas moins là. Aloys ne vieillissait peut-être plus, mais il pouvait mourir. Et s'il mourait, qui protégerait son monde ? Il ne pouvait se le permettre, mais il ne craignait pas la mort. Un grondement sourd monta de sa gorge alors que ses babines se retroussaient sur ses crocs, comme en réponse à ses pensées.
Sous sa forme humaine, il avait chassé, un peu plus tôt, et s'était repus de viande cuite. Encore juteuse, pas trop roussie, mais cuite. S'il voulait garder sa double identité, il se devait de ne pas tomber dans la bestialité la plus totale. Et c'était cette dualité qui faisait justement sa force. L'estomac suffisamment calé, il se sentait fort, et prêt à tirer les choses au clair. Truffe humant l'air, il n'eut pas de mal à suivre la piste, pour de bon cette fois, et sans détour. Il restait méfiant et attentif au moindre signe de piège. S'il ne s'agissait finalement que d'un chasseur particulièrement doué, il ne voulait rien risquer par négligence. Aussi silencieux qu'un spectre, il trottinait entre les arbres, ses pattes foulant un tapis de mousse épaisse et de feuilles mortes. L'odeur d'humus lui emplissait les narines, mais il ne se laissait pas griser. Il suivait une piste, et rien n'aurait pu l'en détourner.

Il déboucha finalement dans une petite clairière en partie plafonnée des feuillages des arbres. Un grand et large chêne ancien se dressait là, comme le maître des lieux. Un léger hérissement des poils d'Aloys lui fit pressentir que l'étranger était là. Il grogna à nouveau, comme pour faire savoir qu'il était prêt. Il allait faire face, quoi qu'il advienne. Se campant bien sur ses pattes, il ne broncha pas lorsque l'inconnu se montra enfin. Ses oreilles avaient suivi le bruit depuis qu'il l'avait perçu. Son regard d'ambre ne lâchait pas l'étranger. Ou plutôt, l'étrangère, car c'était une femme, jeune en apparence. La queue de la Bête se dressa, à la manière de celle d'un loup alpha. Il ne se montra pas menaçant, mais son attitude montrait bien qu'il ne se laisserait ni faire, ni impressionner. Il était le maître ici, et personne ne pouvait lui disputer cela.
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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps ☾ Philippe Sam 7 Déc - 15:45


Vendredi, 08 novembre 2013, vers 13h00


Je sentais Philippe nerveux ou sur ses gardes et j’ignorais pourquoi. Ou plutôt, j’en avais une vague idée et cela me démontrait presque nettement que même si l’animal n’était plus présent, il avait laissé des traces.

Le Ténébreux... je n’avais jamais eu à faire à lui et je n’en avais aucune envie. Les dettes sont de véritables saloperies et Hamelin n’avait jamais réglé les siennes. Ils en avaient payé le prix. De plus, le prix serait surement trop élevé et il y avait des choses que je n’étais pas disposée à sacrifier pour retrouver l’intégralité de ma personne. Je ne voulais rien devoir...
« Je ne me fie pas à lui. Le prix à payer n’est jamais équitable et il y a des choses que je ne suis pas disposée à faire. » Faire un deal avec ce type faisait clairement partie de ce que je ne voulais pas. « Reste méfiant même si je te fais confiance là-dessus. » J’espérais qu’il serait prudent, il ne supporterait pas mieux que moi devoir quelque chose à quelqu’un.

Je souris alors qu’il grondait. Possessif... territorial... avec moi ? C’était nouveau ça. J’étais presque intriguée par son attitude. Je le sentais encore plus irrité, agacé et même... je ne savais pas exactement mais il n’y avait aucun doute qu’il n’avait pas changé.
« Quelques années avant la malédiction, j’ai été propulsée dans une monde inconnu. Je n’ai pas retrouvé la Forêt Noire comme je l’avais connue, ni le Gévaudan. J’étais ailleurs. Eric n’est rien d’autres qu’un ami, il était comme un père. Serais-tu jaloux Philippe ? Ou bien ferais-tu une crise de domination ? » Et malgré son apparente décontraction, il était tendu, dans l’attente. J’attrapais donc sa main et l’obligeait à se rapprocher un peu. « Serais-tu jaloux ? Aloys... » J’avais volontairement utilisé son ancien prénom et appuyer mon ton dessus.

« Peu importe ? Ne tente pas de me la faire. On a dépassé ce stade depuis des années. Les forêts et les esprits te manquent autant qu’à moi mais tu es toujours le même. Bête ou pas... tu n’as pas changé tant que ça. Cesse d’éviter de faire face ton ressenti tu veux. C’est déjà bien assez compliqué comme ça que de jouer de façade. » J’avais marmonné ça avec agacement. Je détestais jouer le jeu des biens pensants. Je me plaisais autant que lui ici mais je sentais à sa tension intérieure qu’il fallait que l’on sorte. Aussi, je souris à nouveau. « Allons nous balader... comme au bon vieux temps. »

Je me levais, l’invitant à me suivre, pour aller payer l’addition. Je comptais bien aller faire un tour dans les bois, comme autrefois et ce... même si nous étions diminué.

Monde des contes - Rencontre

Cela faisait des jours que je patientais dans les bois, discutant parfois avec les esprits, chassant également pour me nourrir. Je n’avais besoin de rien d’autres, je n’avais jamais eu besoin de plus. Je jouais même parfois pour la forêt. Je savais toujours où j’étais, je savais comment la vie se construisait. Je la ressentais malgré le fait que j’étais porteuse de mort.
Mon feu était établi de sorte à ce qu’aucun problème ne survienne, à ce que je ne sois pas une cible non plus. Adossée au vieux chêne, capuche sur la tête, je jouais un air calme, posé, pour satisfaire les esprits.

Mais enfin, la Bête se montra. Un regard assurément humain, une intelligence derrière l’éclat bestial des prunelles. Je me levais lentement, cessant mon air, ce qui contraria un esprit ou deux, désireux d’entendre la suite.
Un grognement, une attitude méfiante, une posture d’attente. Je retirais ma capuche, souriant ouvertement, un sourire dérangeant.

« Je ne suis pas une ennemie. Je suis ici par curiosité. » J’ouvrais les bras en signe de paix. Je mis un genou à terre et lui tendit la main. Non sans un léger éclaircissement. « Ne t’avise pas de mordre mon cher, je guéris plus vite que tu ne le crois. » J’aurais aussi bien pu dire que je reviendrai mais je ne pouvais pas tout dévoiler. « Sache que je sais être sur ton territoire, aussi, je me plierai à ta manière de chasser. »
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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps ☾ Philippe Dim 8 Déc - 14:46

Comme au bon vieux temps
Silke & Philippe
Silke déconseilla à Philippe de faire affaire avec le Ténébreux, arguant qu'il était très risqué de s'engager à lui devoir quelque chose. Il ne pouvait pas lui donner tort, et cette perspective ne l'enchantait pas vraiment. Pourquoi, le cas échéant, aurait-il attendu si longtemps pour aller s'adresser à lui ? Cependant, il sentait qu'avec le temps qui passait, les choses deviendraient pour lui de plus en plus intolérables. Dans ces conditions, il ne pouvait laisser passer aucune opportunité. De toute façon, il s'assurerait du prix à payer avant de conclure toute transaction. Lorsque son amie lui recommanda la prudence, il se contenta de hocher légèrement la tête.

« Je suis toujours prudent.

Après quoi, il l'écouta en silence lui expliquer qui était cet Eric. A vrai dire, elle avait l'air surprise qu'il réagisse de la sorte. Pour être franc, il n'en était presque pas moins étonné lui-même. D'autant plus qu'il sentit ses muscles se détendre sensiblement lorsqu'elle lui annonça que l'homme en question avait été un père pour elle, rien de plus. Depuis quand tout cela lui importait-il ? Lorsque Silke lui demanda s'il était jaloux, le vétérinaire aurait volontiers plaqué les oreilles sur son crâne... ce qu'il aurait pu faire en tant que Bête pour signaler son agacement. Au lieu de quoi, il se contenta d'une moue silencieuse. Mais la jeune femme n'en resta pas là, saisissant sa main pour qu'il se rapproche d'elle. Cela ne l'empêcha pas de rester résolument muet, se refusant à lui répondre lorsqu'elle lui demandait s'il était jaloux. Et ce, même si elle l'appelait par son véritable nom.
Finalement, Silke prit la décision de quitter l'auberge pour aller se promener. Voilà qui était une idée. Loin des regards indiscrets, ils pourraient s'exprimer plus librement. Le jeune homme se leva, suivant son amie jusqu'au comptoir. Mû par un sentiment galant tout à fait inédit, et on ne peut plus hérité de ce monde, il la dépassa afin de payer pour tous les deux.


- Laisse, c'est pour moi.

Cela avait été lâché dans une sorte de grognement qui aurait brisé à lui seul un rendez-vous galant. Ce que tout ceci n'était évidemment pas, fort heureusement. Il régla ainsi leurs deux additions à Granny, après quoi ils purent sortir, retrouvant l'air frais et humide du dehors. Philippe en inspira profondément une bouffée, et cela sembla l'apaiser. Sa nature semblait parfois reprendre un peu trop le dessus, et se rebeller contre des lieux confinés... A vrai dire, il était plutôt heureux d'avoir retrouvé Silke, et de partager un moment avec elle. Il espérait, au fond de lui, qu'ils n'en resteraient pas là. S'ignorer et s'éviter comme ils l'avaient fait jusque-là avait été idiot au possible, et il n'avait aucune envie de recommencer. Posant son regard sur elle, il lui désigna les bois qui entouraient Storybrooke.

- Si nous allions nous promener dans les bois, loin de tous ces regards indiscrets ? »

Au moins, ils auraient moins de risques de tomber sur qui que ce soit. Ennemis ou alliés, dangers ou sans importance. Ils pourraient s'entretenir en toute franchise, comme cela avait toujours été le cas.



Monde des contes – Des années auparavant.


Aloys ne quitta pas l'étrangère des yeux tandis qu'elle s'approchait de lui. Elle ne faisait pas preuve du moindre signe de peur. Une preuve, une fois de plus, qu'elle n'était pas d'ici. Aucun habitant du Gévaudan n'aurait pu ne serait-ce que l'entrevoir sans être frappé de terreur. Sa réputation le précédait. L'inconnue parla alors, et ses oreilles pivotèrent bien en avant pour mieux l'entendre. Il ne broncha toujours pas lorsqu'elle mit un genou à terre et lui tendit la main, se contentant de la toiser du regard, ce que sa haute taille lui permettait aisément.
L'étrangère le mit en garde de ne pas l'attaquer, car elle serait capable de guérir. A ces mots, Aloys plaqua les oreilles en arrière dans une attitude maussade. Il se savait fort, et capable de la mettre en danger. Mais son instinct lui dictait, une fois encore, de se méfier de cette aura qui se dégageait d'elle. Elle était trop menaçante, en dépit de son attitude pacifique. Son regard d'ambre fixa la main tendue. Il n'allait pas s'abaisser à la renifler, comme un simple chien. Il était bien plus que cela. Quelques secondes encore, il resta ainsi, puis son apparence se modifia. De Bête, il devint humain. Un homme jeune, à la crinière de cheveux sombres, aux yeux clairs et à la musculature développée, en adéquation avec son mode de vie. Ses vêtements étaient pour le moins modestes. Il se dégageait de lui une impression de sauvagerie et de mystère on ne peut plus justifiée. A présent debout devant elle, il continua à la dévisager pendant un instant, avant de finalement s'adresser à elle.


« Qu'est-ce qui t'amène par ici ? »

Sa voix était rauque, mais cela s'expliquait aisément. Ses cordes vocales avaient perdu l'habitude de produire des sons humains et des paroles. Il avait dernièrement passé beaucoup de temps sous sa forme bestiale, et lorsqu'il était humain, il n'avait pas pris la peine de se mêler à la population afin d'avoir un brin de conversation. Les sons que sa gorge avaient produit ces derniers temps n'étaient que grondements, grognements, aboiements et hurlements. Toutefois, l'habitude reviendrait vite, et sa voix éraillée reprendrait un timbre normal après quelques instants.
Pour l'heure, il se montrait encore méfiant, mais pas apeuré. Il n'avait pas pris la peine de se saisir de la main tendue, ni en tant que Bête, ni en tant qu'homme. Il attendait encore de savoir ce que tout cela signifiait, afin de statuer sur le comportement à adopter.
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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps ☾ Philippe Mer 11 Déc - 19:01


Vendredi, 08 novembre 2013, vers 13h00


Je m’amusais franchement de la situation. Philippe avait toujours eu la tête dure et je n’étais pas étonnée qu’il ne suive absolument pas mon conseil d’éviter de faire affaire avec le Ténébreux. Tant qu’il était prudent, je me fichais pas mal des conséquences pour lui. C’était à lui d’assumer et lui seul. Je n’aiderai pas outre mesure son magnifique fessier. S’il se mettait dans les emmerdes, il s’en tirerait tout seul comme un grand ou alors... il faudrait vraiment que ce soit grave pour que je m’en mêle. Ou encore que le ciel me tombe sur la tête. Quant à sa prudence... « Nous verrons cela mon cher, mais je l’espère pour ton propre bien. » Je n’aimerais clairement pas qu’il lui arrive quelque chose.

Le fait qu’il se détende au fil de mes explications concernant Eric ne m’étonna pas outre mesure et le fait qu’il ne répondre pas à ma principale question non plus. La réponse, bien qu’informulée, était claire. Il était jaloux ou territorial ou possessif. Quoi que ce soit, c’était tourné vers moi et cela me surprit un peu. Cette habitude était neuve et légèrement déroutante quoi que fort agréable.
Le fait qu’il paie finalement nos consommations à tous les deux finit de m’achever. Bon sang, le monde ne tournait pas rond et le pire... c’est que de sa part, je pourrais m’y faire. La chose m’agaça provisoirement. Heureusement, il resta égal à lui-même, grincheux, grognon et ronchonnant. Le fait qu’il me propose une balade dans les bois me ravit évidement puisque telle était mon intention. « J’allais te le proposer mon cher. Allons-y. »

C’est un certain silence que je conservais jusqu’à notre arrivée dans les bois. Mon attitude changea du tout au tout. Plus détendue, plus droite également, à l’affut mais plus forte quelque part. « Je ne me sentirais jamais aussi bien que dans ce genre de lieu. Quatre murs de briques ne me satisferont jamais. » Je me retournais pour me saisir de son visage et le regarder dans les yeux. « N’oublie jamais qui tu es et d’où tu viens. Pas un seul pécore dans cette ville ne t’arrive à la cheville. Sois fier, sois fort, tu es un protecteur. Ne renie jamais celui que tu es dans son intégralité ou je te pourchasserai. » Mi menace, mi compliment, je refusais de le voir se perdre dans les bonnes pensées de cette ville. « Nous sommes diminués mais ils ignorent qui nous sommes. Il faut que cela dure, nous sommes des menaces à leur bonheur si parfait. » Dans la foulée, je l’embrassais. Pas de sentiments ou plutôt si, mais pas ceux que l’on s’attendait à trouver normalement dans une relation. Celle-ci n’était pas saine, elle était particulière, bien plus épanouissante à mes yeux que tout le reste. Par Morrigan, il m’avait manqué. « Nous avons été stupides de nous éviter. »

Monde des contes - Rencontre

La Bête était méfiante, elle transpirait l’intelligence, l’instinct, la brutalité s’il le fallait. Sans aucun doute, derrière cette personne, car j’en étais désormais persuadée, il y avait là une intelligence humaine... Pas de mouvements, pas de signes d’acceptation, je n’en attendais pas moins, cela m’aurait déçu.
Me relevant en regardant la Bête prendre corps humain, je retirais les feuilles de mon genou tout en fixant mon vis-à-vis. Un bel homme, à n’en pas douter, selon mes critères tout du moins. Je lui tournais le dos pour aller m’asseoir à côté de mon feu.

« La curiosité... c’est elle qui m’amène. La Bête est un mot bien souvent prononcer chez les esprits. Le sang embaume dans l’air ici, la peur également. Je ne pouvais que venir voir pas moi-même si les esprits du coin étaient juste orgueilleux ou bien plus que censé. Et d’après ce que je vois, ils sont censés. Voulez-vous partager quelques gibiers pour le repas ? » Il n’y avait rien à mes côtés mais la chasse serait vite faite. « Lapin ? Lièvre ? Cerf ? Sanglier ? Qu’aimeriez-vous déguster ? »

Je ne me présentais pas encore. Il en ferait la demande lui-même. Pour l’heure, j’obligeais un esprit à se taire, un esprit qui me réclamait du cerf pour ses bois et son sang. Une offrande parfaite pour lui. Je ne pouvais me contenter d’en satisfaire un seul.
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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps ☾ Philippe Jeu 12 Déc - 22:57

Comme au bon vieux temps
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Ce fut dans un silence qui aurait pu sembler gênant que les deux compagnons firent le trajet jusque dans les bois. Cependant, ils n'avaient pas forcément besoin de se parler en permanence. Leur relation allait au-delà de cela, et même au-delà des mots. Fouler enfin le sol de la forêt revigora Philippe, qui inspira à pleins poumons l'air frais aux senteurs sauvages. Il avait peut-être perdu sa part bestiale, mais avec sa mémoire lui étaient revenues ses notions de survie dans la forêt. Il aurait pu sans peine y vivre, quoique le gibier, par ici, se faisait plus rare que dans son monde. Les humains avaient véritablement un impact désastreux sur l'environnement... En entendant Silke dire qu'elle se sentait mieux ici que n'importe où d'autre, le vétérinaire eut un petit rire d'assentiment. Si c'était le cas pour elle, que dire de lui, qui vivait normalement dans les bois ?

« Cette forêt est une bénédiction. Mais il lui manque des choses...

Il fut un peu surpris lorsque son amie prit son visage dans ses mains, mais il ne broncha pas, soutenant son regard sans ciller. Il écouta son discours sans réaction apparente, mais intérieurement, il en aurait presque ri. Comment pouvait-elle s'imaginer qu'il oublierait ce qu'il était ? Alors que le souvenir de ce qu'il avait perdu hantait son esprit à chaque instant, et qu'il aurait donné cher pour le retrouver ? Il savait ce qu'il était, elle n'avait pas de souci à se faire à ce sujet. Quant à leur place dans tout cela... pour l'heure, il restait en retrait, et prudent. Le moment opportun, il saurait peut-être ainsi tirer parti d'une situation.
Lorsque Silke l'embrassa, ce fut comme si tout ce qui s'était produit depuis leur dernière rencontre avait été balayé. Bien souvent, l'éloignement détériorait les relations, mais ce baiser si particulier lui faisait nettement sentir que tel n'était pas le cas pour eux. Dans son monde, il n'en aurait jamais douté. Ici, il n'aurait pas été aussi catégorique. Toutefois, il était maintenant rassuré. Un sourire plus franc étira ses lèvres lorsqu'elle annonça qu'ils s'étaient comportés de façon stupide.


- Je suis bien d'accord. C'était une attitude insensée au vu de la situation. Tu m'as manqué.

Philippe lui annonça ce fait sans ambages, en toute franchise. De toute façon, elle s'en serait probablement douté. Les faux-semblants n'avaient pas cours entre eux. Tant qu'elle était à sa portée, et que personne ne pouvait les surprendre, il referma sur elle l'étreinte puissante de ses bras. A vrai dire, il avait senti se rallumer en lui une étincelle de désir, un sentiment qu'elle seule avait été capable de susciter en lui. Evidemment, dans ce monde, il avait eu des aventures, mais rien de comparable avec ce qu'il avait toujours vécu avec Silke. Ou plutôt, Tilia. Peu importait.

- Peut-être pourrions-nous reprendre les choses là où nous les avions laissées ?

Par là, il entendait simplement redevenir ce qu'ils avaient toujours été l'un pour l'autre : des amis, des partenaires, et des amants. Nul doute que la confortable maison du jeune homme serait plus agréable à vivre en bonne compagnie. Du bout des doigts, il effleura la joue de son amie. Sa peau était aussi douce que dans ses souvenirs. Une douceur des plus trompeuses... Du bout des dents, il lui mordilla délicatement la gorge. Un petit manège qu'elle connaissait, et qui devait lui rappeler certaines aventures très personnelles dans les bois de leur monde d'origine.

- Cela te dirait de passer un peu de temps avec moi ? J'ai une maison relativement spacieuse, j'ai plutôt horreur des espaces confinés. Cela ne vaut pas notre monde, mais elle te plaira sans doute, dans ce qu'on peut espérer par ici. On pourrait passer une soirée ensemble, pour discuter, et rattraper le temps perdu. »

La proposition était tout à fait sérieuse. Que cela soit pour discuter, profiter simplement de la compagnie de l'autre, ou alors bien plus, ils auraient sans doute un bon moment à passer une fois le soir venu. Philippe y prendrait beaucoup de plaisir, il en était sûr, et il n'était pas pressé de retomber dans la solitude morose qui avait été la sienne.




Monde des contes – Des années auparavant.


Sans quitter l'étrangère de ses prunelles flamboyantes, Aloys l'écouta lui répondre, puis lui proposer de manger quelque chose. Tandis qu'elle s'était assise près de son feu, lui restait debout, vigilant. Il déclina la proposition de manière bourrue, ayant perdu l'habitude des convenances humaines.

« J'ai déjà mangé.

Sa voix était encore rauque, et son esprit réfléchit un bref instant à ce qui manquait dans sa réponse. Un « merci », sans doute, mais il n'en dit pas plus. Ainsi donc, c'était la curiosité qui l'avait amenée par ici ? Voilà qui était bien imprudent, encore que pour quelqu'un comme elle, le danger fut moindre. Cela n'empêcha pas le jeune homme de la toiser d'un air bravache.

- Bien des curieux sont tombés sous mes crocs. C'est imprudent de venir par ici.

Le timbre de sa voix commençait à changer, maintenant, pour devenir plus doux et agréable, plus humain. L'inconnue ne s'était pas étendue plus que cela sur ses motivations, et la simple curiosité à son sujet était plutôt vague. Il y avait sans doute autre chose qu'elle taisait. Aloys sentait en lui le désir de la voir déguerpir. Il était relativement mal à l'aise de savoir un autre prédateur dangereux sur son propre territoire. Pour l'heure, elle n'était pas hostile, mais si elle le devenait ? Ou pire, si elle cherchait à s'approprier ce qu'il défendait ?

- Ta curiosité est-elle satisfaite ? »

Un moyen comme un autre de lui faire sentir qu'elle n'était pas la bienvenue. Il n'était pas une bête pour rien, et il restait méfiant et sur ses gardes. Il n'était pas un simple chien rapidement apprivoisé. Sa méfiance lui permettait de se sortir des situations les plus délicates, là où un simple animal échouait. Une fois rassuré, il se montrerait sans doute plus bavard... Mais les réponses évasives de l'étrangère ne lui donnaient nulle envie de se détendre, pour le moment.
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Comme au bon vieux temps ☾ Philippe

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