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[Flashback] Des Sirènes à Saint-Petersburg - ft Gregory E. Raspoutine

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Ebony Jones
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MessageSujet: [Flashback] Des Sirènes à Saint-Petersburg - ft Gregory E. Raspoutine Jeu 24 Oct - 13:22

Il faisait horriblement froid cette nuit là, mais on y était habitué dans ce genre d’endroit. La Russie, quel doux pays, si froid et chaleureux à la fois. Une ville glacée, réchauffée par son activité et sa vodka qui tanguait dans chaque flasque. Ah il faisait bon vivre près du palais des Romanov. La richesse et la pauvreté se juraient autant que cette fièvre gelée. Ebony était resté un bon moment dans cet atmosphère où même les gens étaient si fermé et familier à la fois. Tout n’était qu’opposition et s’articulaient à la perfection. Un merveilleux contraste. Puis, entre nous, étant né dans le nord du vaste océan, elle n’était vraiment pas frileuse.

Elle était restée sage, plutôt timide au début. L’époque avait changé, les armes étaient plus redoutable, les hommes moins effrayés, plus courageux. La technologie et l’invention ne cessait de croitre et la poussait à se cloitrer dans l’eau, se rassasier de ces malpropres dans des coins reculés et isolés. Elle s’était rapidement ennuyée de ces pauvres pêcheurs, loin de la civilisation, presque des primates qui baragouinaient un russe approximatif. Elle avait envie de jouer, de trouver des hommes plus sales, minable, baigné dans le vice, la bêtise et l’arrogance. Ceux là, elle ne les trouverais qu’au coeur de la ville. Oui, là elle le savait, elle en trouverait. Elle en eu l’expérience, surtout sur les quais. Il était loin le temps des ports où les pirates, corsaires et autres marins empestant le rhum, se trouvait limite à l’orée de son foyer : la mer.

Elle ne s’était pas gênée un soir, bien tard dans la nuit, des petites chaussures qui sentaient le bon cuir, travailler avec soin, les boucles raffiné qui tapait sur un pied ravissant, se pressait de rentrer, voulant couper par les quais de la Neva. Pauvre idée. Si ce n’était pas un ivrogne qui l’attendait, ou un homme malhonnête, il y avait Ebony, juste le haut de sa tête qui dépassait de l’eau, dans l’obscure nuit d’hiver russe. Ses jambes fuselée claquait sur le pavé humide et glissant, les mains aux doigts gracieux qui agrippait le col en peau de renard de son manteau contre une gorge fragile. Sa coiffe se balançait avec la brise glaciale. Elle avait l’air pressée. Elle était à l’affût du moindre bruit. Ebony laissa une de ses tentacules sortir lentement du fleuve, tel un serpent, glissant sur le bord du quai, et se cacha vite alors que la demoiselle à la bonne condition se retourna, alors qu’une bouteille s’écrasa plus loin, jeté par un passant. Elle accéléra le pas. Ebony la suivait juste à ses côtés, le regard amusé.

On ne l’entendit pas crier, le visage obstrué d’une énorme appendice marin. Ebony était merveilleuse dans ces vêtements. Une belle petite robe écrue, avec une jolie ceinture chocolat, versatile ruban de satin qui la serrai sous la poitrine, de la dentelle qui flottait sur ses épaules, des manches longues d’une qualité presque royale, puis ce long manteau qui lui tombait jusqu’aux chevilles.

Elle put visiter Saint-Petersburg tranquillement, profiter de plus près de cette ville merveilleuse et riche en découverte. Elle put par la même occasion, laissé son coeur plein de haine, sentir tous ces hommes qui ne méritaient pas de vivre et souillé ainsi toute la dignité des toutes ces pauvres sottes qui vivaient dans les rêves de l’amour, des contes et des rêves. Ah non, aucun n’existait ! Ou alors, ils commençaient à disparaitre peu à peu... Elle savait bien que quelques individus en valaient la peine, mais la majorité n’étaient condamnés qu’à laisser leur carcasse pourrir au fond de la mer.

Oh oui, il fallait faire attention la nuit à Saint-Petersburg. Une période de disparition venait hanté quelques esprits. On disait que des hommes qui s’osaient à trainer trop longtemps le soir, bouteille en main, l’esprit en éveil pour quelques caprices qui gonflaient les braies, finissait par s’évaporer dans la nuit. Ce qui venait aussi bondir du canal pour frapper les bâtisses des petites ruelles étroites, étaient d’étranges chant mélodieux, envoûtant, des voix des femmes qui appelaient à l’amour et aux jeux.

Ebony s’amusait comme une enfant, s’émerveillait de son pouvoir, surtout celui de son corps face à ces malotrus qui ne cherchait que vice et pêché partagé par une belle femme, presque naïve. Elle en avait passé des nuits, sur les bords du quai, un homme si proche d’elle, assise sur un muret humide, des barbes venant lui irriter sa gorge aussi douce, blanche et glaciale comme de la porcelaine, des bouches qui osaient gâtés sa peau tout aussi délicate. Puis alors qu’elle sentit son esprit glisser dans l’ardeur et la passion, elle se défila, agile et le poussa par dessus bord. Un gémissement rauque, parfois pas un bruit, où juste un relent sortait du coffre de ces hommes avant de voir un banc de sirène se jeter sur lui, poussant des grognements affamés et lugubres avant de se faire trainer dans le fond. Ebony se penchait, observant, lâchant un petit rire machiavélique, envoyant un baiser à ses filles alors qu’une marrée d’un rouge profond remontait, juste visible à la lune. Elle aimait aussi les trainer jusqu’au bord de mer, se mettre totalement nue pour un bain de minuit. L’homme devant un tel spectacle ne pensait pas du tout à la pauvre santé de cette femme, dans sa tenue d’Eve en plein hiver. Il courrait vers elle, Ebony reculant lascivement dans les vagues et là des furies, créatures démoniaque des mers se trainait sur le sable, comme sortant des lames violentes de la mer et des mains attrapaient ses chevilles et il se retrouva englouti par sa mère, déchiqueté par ses filles.

Oh, il arrivait parfois, qu’elle restait silencieuse, droite, le regard perdu devant certains hommes. Il lui paraissait si bons, si gentils et amoureux comme son premier époux... Mais ce n’était qu’une façade. La nostalgie d’un coeur qui pouvait battre pour un homme la fermait encore plus et la motivait à continuer son dessein jusqu’à la fin des temps.

Ses filles avaient regagnées la mer, trop affaibli par la douceur de l’eau du fleuve. Elles reviendraient. Seule depuis une petite semaine, elle s’était plutôt laissé aller à du tourisme. Des restaurants, des boutiques tout payés par ces hommes pervertis. Elle avait suivie un homme vers les quais, enfin l’y avait entrainé subtilement. Il fut un peu trop entreprenant et le repoussant, elle voulut s’en débarrasser le plus vite possible. Il était costaud, mais elle aussi, juste il fallait qu’elle se transforme entièrement pour posséder toutes ces capacités. Ce à quoi elle ne s’attendit pas, ce fut sa rapidité et son agilité, malgré la boisson qui réchauffait ses veines. Dans leurs ébats, elle finit dans l’eau. L’homme resta un moment coi, regardant la surface de la Neva qui se calmait peu à peu. Il n’y avait plus un bruit, quelques sabot au loin qui venaient des rues, des bateaux qui cognait sur le bord, à peine une lumière, si ce n’est celle du centre ville qui s’élevait au haut du quai, vers le ciel opaque de nuage.

Elle sortit si subitement de l’eau, le regard noir. L’homme avait reculé jusqu’au mur en pierre, surpris. Elle finit par geindre. Une voix morne, puis une voix pleurante, suppliante. Elle tendit la main.

- Aidez moi, s’il vous plait. J’ai si froid... Sortez moi de là.

L’homme resta un moment interdit.

- Vous n’allez pas m’abandonner ? Pourquoi presser les choses, nous avions toute la nuit. Regardez où j’en suis... Venez me réchauffer... J’ai tant besoin de vous, de votre corps... Seul lui pourra me redonner une chaleur que je ne saurais contrôler, l’amadoua t-elle, d’une voix enchanteresse.

Il finit par se faire avoir, s’approchant. Il posa un genoux sur le pavé couvert d’une eau croupie. Il lui tendit le bras qu’elle caressa avec indolence, puis lui fit un joli sourire taquin. Elle commença à chanter. Les yeux de cet homme brillait. Elle lui caressa le visage et ses épaules musclés avant de le pousser à se pencher de lui même. Lentement la mâchoire d’Ebony se déboita et digne d’une gueule de requin ou de baudroie des abysses, perdue entre les deux, elle se préparait à manger. L’homme resta figé, incapable de crier, ni même de fuir, encore sous un enchantement.

Soudain un bruit. Ebony tourna la tête d’une vitesse qui dépassait celle d’un humain. Quelqu’un arrivait. Sa victime retrouva ses esprits et maitre de son corps, il s’en alla en hurlant, criant au monstre, à l’abomination de la nature. Elle retrouva vite son visage de femme, ses tentacules qui s’agitaient sous l’eau tant elle était énervée. Elle fixa la silhouette. Elle retrouva ses larmes.

- Aidez moi ! Je suis tombée à l’eau ! S’il vous plait !

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Gregory E. Raspoutine
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MessageSujet: Re: [Flashback] Des Sirènes à Saint-Petersburg - ft Gregory E. Raspoutine Mar 29 Oct - 0:10

Exilé. Lui, le grand Raspoutine, avait été banni de la Cour Impériale, rejeté et chassé comme un moins que rien, entré en disgrâce auprès de ceux qui n’avaient juré que par lui pendant tous ces mois. Il était celui que tous se devaient de recevoir, invité à toutes les fêtes, demandé auprès des plus grands noms ; les femmes se pâmaient devant lui et les hommes se pressaient pour lui demander conseil. Les rumeurs de ses talents s’étaient répandues dans le Palais comme une traînée de poudre, et tous avaient un service à lui demander. Un cousin gravement malade à soigner. Une prédilection à faire. Une personne à courtiser. Une décision à prendre. Et, parce qu’il voulait gagner leurs faveurs, et plus encore, leur estime, il se pliait à leurs volontés. Chaque service rendu, chaque sourire, chaque bonne parole alimentait son venin, sa rage et son désir de vengeance. Il se prostituait pour obtenir leurs faveurs dans le seul but d’approcher les Romanov et de les détruire un à un, comme ils avaient détruits sa famille. Car Raspoutine n’avait pas toujours été le monstre sans cœur qu’il était à présent. Fier, froid et caractériel, oui, mais en dépit de tout, capable d’aimer. Evil isn’t born, it’s made. Mais à présent, seule la haine rongeait son cœur. Une haine dévorante, intense, impatiente. Qui l’avait poussé à commettre une erreur, si innocente en apparence et pourtant si fatale. Il avait prédit l’extinction de la famille Romanov. Mais plus qu’une prédilection, c’était une menace. Une promesse. Le Tsar n’avait pas trouvé cela très drôle. Tant de mois pour gagner leur confiance et tout était perdu en une poignée de secondes parce qu’il avait été trop sûr de lui, trop impatient, trop plein de colère. Il n’était pas parti tête basse cependant, et ce qui n’avait été d’abord qu’un exil était devenu une chasse à l’homme dont il était la proie. Mais ils ne pouvaient rien contre lui, contre son pouvoir. Il leur échappa sans difficultés et fuit la capitale.

Il attendit plusieurs jours. Des semaines. Des mois. Jusqu’à ce que ses poursuivants se fatiguent, que les recherches s’amenuisent. Caché dans une contrée voisine, il avait attendu son heure. Pour pouvoir revenir à la capitale sans qu’on lui saute à la gorge, il lui fallait se faire quelque temps oublier. Et ainsi il s’était terré dans le silence et l’obscurité en comptant les heures qui le séparaient de sa vengeance. Par chance, les intrigues à la cour étaient aussi nombreuses que brèves. Rien n’y était jamais constant, et il l’avait découvert à ses frais. Il s’était cru leur confident, le réceptacle de leur confiance, il n’avait été qu’un divertissement, un bouffon de passage. Oh, il leur ferait payer ça, ça et tout le reste. Il les détruirait jusqu’au dernier, même si cela devait lui en coûter la vie. Il avait déjà vendu son âme au diable pour ce faire – quasi littéralement. Il ne reculerait devant plus rien.

Il était revenu la veille dans la capitale. Bien en périphérie du palais, il fréquentait les lieux les plus dangereux, les ruelles coupe gorges et les auberges mal famées où il n’était qu’un criminel parmi tant d’autres, où personne n’irait le chercher ou s’interroger sur son identité, et où ceux qui lui cherchaient des ennuis finissaient par les trouver à coup sûr. Ah, la Russie. Loin de la splendeur de la famille impériale, ce n’était que pauvreté, froid et misère. Et Vodka. Ah, la Vodka. Elle, pour sûr, coulait à flot. C’était l’assurance d’un peu de chaleur dans un hiver qui n’en finissait jamais, d’un peu d’oubli dans une réalité trop accaparante. Mais si Raspoutine savait l’apprécier contre son palais, il devait rester en pleine capacité de ses moyens, l’esprit clair et lucide. Pas de réconfort salvateur dans les bras de l’inconscience pour lui. Il devait se souvenir. De tout. Le sang sur les murs. Les corps qui avaient commencé à se décomposer sans que personne ne se soucie de les enlever. Les regards vides tournés vers le plafond. La bouche encore plissée par la souffrance et l’effroi. Et lui, devant ce spectacle grotesque, témoin muet du massacre qui s’était produit en son absence.

Le port était de ces lieux peu fréquentables où se promener la nuit était comme pratiquer la roulette russe : on pouvait s’en sortir indemne comme ne jamais en revenir. Les disparitions se faisaient en vérité nombreuses et les russes, de nature superstitieuse, faisaient circuler toutes sortes de rumeurs plus inquiétantes et abracadabrantesques les unes que les autres. Pour le sorcier, cela n’avait que peu d’importance ; quelle que fut la nature de la menace rôdant alentours, elle n’en était pas une pour lui.

Dans le silence presque oppressant de la nuit près du port, seul le bruit de ses talons sur le sol résonnait avec une force lugubre et il fallait tendre l’oreille pour entendre au loin l’ambiance festive de tavernes où les marins venaient s’échouer une fois leur bateau amarré. Mais un bruit d’éclaboussure distinct parvint aux oreilles de Raspoutine qui s’approcha avec curiosité. Il n’eut que le temps de voir un homme, trempé jusqu’aux os, courir les yeux exorbités en criant toutes sortes d’absurdités. Sourcil arqué, l’air intrigué, il se tourna vers les eaux, parfaitement noires d’encre dans l’obscurité mal éclairée du port, et une voix frêle et féminine attira son attention, lui demandant de l’aide. Mais il y avait quelque chose qui clochait dans la scène, c’était évident. S’accroupissant,  il pencha la tête d’un air intrigué vers la délicieuse jeune femme qui se débattait dans l’eau glaciale avec la force du désespoir. Mais ce n’était pas elle qui venait de sortir de l’eau avec le visage paniqué de quelqu’un qui avait vu le visage du diable. Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres tandis qu’il avançait une main gantée de cuir pour saisir son bras de porcelaine et la tirer de l’eau avec force. Tandis qu’il se découvrait de sa cape pour l’en envelopper (qu’il ne soit jamais dit que Raspoutine ne savait pas être galant), il remarqua d’un ton léger :
« Il fait un peu froid pour prendre un bain de minuit, vous ne croyez pas ? »


Dernière édition par Gregory E. Raspoutine le Lun 4 Nov - 12:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Flashback] Des Sirènes à Saint-Petersburg - ft Gregory E. Raspoutine Lun 4 Nov - 1:57

Elle était en colère et qui plus est frustrée. Oh oui, ça elle en serrait les dents de rage. Un si joli butin qui venait de partir. La pire vermine venait de se défiler, la laisser dans l’eau et pire encore il y avait un témoin. Elle avait déjà tout en tête, quoi faire, quoi dire, comment être, elle avait l’habitude. Mais là, il était vrai que certain détail lui échappait, ne les ayant point pris en compte. Des tous petits et ridicules, qui pour elle comme pour les hommes, étaient insignifiants face à une si belle créature prise au piège dans le froid mordant, comme des milliers de petites piqures brûlantes. Le fait d’être englobée de cette eau glaciale ne la toucha pas dans son rôle et pourtant ... Ce n’était pas un petit détail. Elle était noyée dans la colère et non dans la glace, et elle se consumait d’une rage rongeante. Elle avait perdue et en plus elle se devait de savoir si cette personne avait vu quelque chose. Allait-il partir en courant ?

Elle insista, lui envoyant une nouvelle plainte, demandant de l’aide, feignant de ne pas arriver à sortir de l’eau, comme totalement désemparée et vidée de toutes forces. Il finit par approcher. «Il», car oui, c’était un homme. Quel aubaine. Il pourrait toujours être un avant goût de ce qu’elle avait raté. Et non, enfaite, c’était le bon plat de résistance. Il était venu, tranquillement, la jaugeant avant de lui tendre une main si généreuse, avec un sourire qui pouvait tout dire. Un faux semblant, les pires... Ils était infâmes, ceux là même qui vous susurrait des promesses et qui finissait par vous laisser périr dans l’espoir, vous laissant tomber dans une chute interminable. Elle s’écroulait toujours encore après tant d’années, ses victimes n’étant que des mètres de souffrance parcourues encore et encore.

Elle se laissa lentement porté par cette puissance qui lui tenait le bras et trempée jusqu’aux os, la robe qui se collait à une paire de jambe fuselées et élancées. Il était en plus galant, lui déposant délicatement une cape si chaude sur les épaules. Oh, mais quel festin... Elle devait se battre contre elle même pour ne pas laisser sa vraie nature apparaitre là, à cet instant même. Il lui était si difficile de ne pas sentir les os de sa mâchoire craquer dans sa déformation, ses dents lui arracher un bout de chair et laisser sa folie en arriver à lui suçoter sa carcasse avec délectation. Elle lui fit un petit sourire timide. Elle baissa si timidement les yeux, faussement choquée et honteuse quand il lui lança sa petite réplique ironique. Mais quel malpropre il devait être ; elle en était sûre.

- Je... Il m’a jeté dans l’eau ! Monsieur ! Si vous saviez comme j’ai eu si peur. Il... Je dois bien avouer que je suis bien peu vertueuse pour l’avoir suivi jusqu’à cet endroit lugubre... Mais, il était si gentil. Et là, s’emporta t-elle subitement. Il est devenu fou ! Aliéné, il m’a poussé ! Je n’ai simplement eu les moyens de le voir détaler comme un lapin devant un loup. C’est à n’y rien comprendre. Je suis trempée et j’ai si froid... Une chance que vous soyez passer par là, finit-elle la voix plus suave.

Elle remis ses cheveux en place, une ou deux mèche humide et collante de cette eau croupie, derrière son oreille. Elle lui jeta un petit sourire en coin, toujours très craintive, puis fit un léger pas vers lui.

- On dit que... Des démons trainent dans les parages. Vous y croyez ? Je ne sais pas ce qu’il lui est arrivé. La folie l’aurait possédé par je ne sais quel esprits de mauvais augures ?

Elle fit semblant de frissonner et regarda, paniquée, à droite, puis à gauche. Elle serra un peu plus la cape entre ses fines mains blanches pour trouver un peu de chaleur. Un peu plus sûre d’elle, elle planta ses yeux dans les siens.

- Encore merci. Qu’aurais-je fais sans vous ? Que faisiez vous ? C’est le destin qui a du vous pousser sur ma route pour me sortir de ce pétrin, j’en suis sûre...

Elle laissa son attention caresser le tissus de qualité de la cape, puis ses yeux glissèrent sur la silhouette de l’homme relativement bien habillé. Il n’avait pas l’allure d’un homme qui se balade dans ce genre d’endroit, mais son visage et sans regard disait tout autre chose. Une attitude, qui comparé à son charisme vestimentaire, ne dénotait pas avec l’endroit. Il était à la fois à sa place et pas à la fois. Ce genre d’homme n’étaient pas de très bon présage, jamais bon à rencontrer ici. Ebonu n’était pas une petite donzelle, une pauvre femme sans défense. Mais il fallait mieux rester sur ses gardes. Elle venait bien de se faire surprendre.

- Qui êtes vous ? Je me nomme Ebony. Je suis de passage ici. Je loge dans un hôtel non loin. Mais je vous avoue que j’ai un peu peur de rentrer seule...

Elle recula, doucement, puis lentement, ses pas se firent léger, presque envoutant, son regard plus luxuriant. Elle voulait l'appâter, voir s’il la suivait.

- [color=teal]S’il vous plait... Sinon, je vais devoir garder cette ravissante cape. Vous n’oseriez pas me la retiré alors que l’hiver souffle dans les rues et que mon corps fut immergé. Je vous en prie. Je suis vraiment à quelques pas... Il suffit de longer l’eau, se mordit-elle la lèvre à cet évocation.

Elle lui tourna le dos et avança, posant ses pieds bien à l’intérieur des pavés, mais son instinct restait sur le qui-vive, au cas où elle sentirait une onde offensive dans son dos. Elle avait confiance en son corps et la beauté qui pouvait en rendre fou plus d'un, provoquant parfois l'absurde chez certain.

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MessageSujet: Re: [Flashback] Des Sirènes à Saint-Petersburg - ft Gregory E. Raspoutine Ven 15 Nov - 15:59

Pour un monde si incroyablement superstitieux et croyant, il était assez étonnant de constater combien peu, en vérité, étaient prêts à accepter que la magie existât. Désireux d’ignorer cette possibilité un peu trop dérangeante, exposant un peu trop leur vulnérabilité, tous se voilaient la face, filtrant ainsi ce par quoi ils étaient prêts à se laisser attendre ou non. Et ainsi, ne voyaient que ce qu’ils voyaient voir. A la scène pourtant peu ordinaire qui venait de se produire devant Raspoutine, leur cerveau aurait prodigué mille et une explications rationnelles leur permettant d’éliminer l’autre alternative. Après tout, peu ordinaire ne signifiait pas extraordinaire. Mais au contraire, pour ceux qui étaient dans le secret, ceux qui avaient vus l’invisible, ceux même qui étaient l’auteur de cette magie indésirable, le moindre signe, le moindre élément hors du commun devenait, sinon une preuve, au moins une possibilité. Le sorcier avait la tenace sensation que quelque chose clochait, même s’il ne pouvait mettre le doigt dessus. La magie répondait à la magie. Mais le sort était, pour le moment en tout cas, dissipé. Et elle était convaincante, le faisant presque douter de ses sens. Presque. Humilié, trahi, Raspoutine n’était pas prêt à se laisser duper une nouvelle fois. Au point peut-être de voir des ennemis là où il n’en avait pas. Qu’importait. Sa haine était suffisamment féroce pour les embraser tous et les consumer avec lui. Mais si son élément était le feu, celui de la jeune femme était l’eau : calme en apparence, mais capable des pires déluges, il en était certain.

Trempée jusqu’aux os, les vêtements mouillés collant à sa peau, dans l’air froid hivernal et nocturne de Russie, il n’aurait pas donné cher de sa peau dans d’autres circonstances. Si elle vivait toujours, elle était certaine d’attraper une pneumonie et de ne pas survivre à la nuit. Et pourtant, blême et à l’apparence fragile, elle tenait encore debout, elle parlait sans trop de difficultés. Son charme était puissant ; il lui suffisait de croiser son regard, pour que son esprit dérive, oublie ou néglige ce que sa raison lui disait être important, mais il n’était pas un mortel faible et démuni, et détourner les yeux, même pour une courte seconde, annulait sa magie. Il était cependant de plus en plus intrigué. Qui était-elle, et d’où tenait-elle ses pouvoirs ? Jouant le jeu cependant, il écouta sa tirade avec un sérieux apparent, notant la pudeur qu’elle insufflait à sa voix aussi bien que la sensualité. Oui, nul doute que nombreux étaient ceux qui devaient tomber dans ses filets alors qu’elle jouait la femme-enfant, la vierge farouche et la courtisane expérimentée ; le rêve de tous les hommes. Elle s’approcha un peu plus, frissonnant de crainte, exposant une fragilité apparente, une fragilité dont le but était clairement de réveiller son propre instinct de protection typiquement mâle. Dommage qu’elle fut tombée sur le mauvais spécimen ; Raspoutine n’avait rien de cela, qu’elle meure ou qu’elle vive, pour lui, ne faisait aucune différence. Sa propre vie en avait à peine pour lui, comment pouvait-il en plus se soucier des autres ?

Il resta silencieux alors qu’elle continuait son monologue, cette fois le remerciant avec ferveur avant de se présenter. Ebony ? Un nom délicieux, mais qu’il n’avait encore jamais entendu, et qui ne lui semblait définitivement pas être d’origine russe, ce qu’elle confirma en expliquant qu’elle n’était que de passage. Et voilà qui devenait intéressant ; elle voulait qu’il l’accompagne jusqu’à son hôtel. Craintive, mais pas assez pour ne pas inviter un homme du sexe opposé à sa porte alors qu’elle venait de se faire attaquer. Elle jouait de son charme à nouveau, mais à présent qu’il s’en rendait compte, c’était sans effet sur lui, et s’il la suivit alors qu’elle prenait les devants, c’était plus par curiosité que par galanterie. Il n’avait pas plus de raisons de vouloir lui venir en aide que de lui faire du mal… pour le moment. Mais qu’elle ne se méprenne pas ; il n’était pas une victime. Souriant alors qu’il lui emboîtait le pas d’un air naturel, il rétorqua :
« Vous pouvez garder le manteau, je ne serais pas assez cruel pour vous en priver quoiqu’il arrive, mais je m’en voudrais de vous laisser rentrer seule après cette mésaventure… »
Oh, elle savait jouer de son charme, mais lui aussi, même s’il était fort probable qu’il n’aurait pas plus d’effet sur elle qu’elle n’en avait sur lui. Il s’approcha de sa frêle silhouette, et tout en lui proposant son bras pour l’aider à marcher (ce dont elle ne semblait pas avoir besoin, cependant), il ajouta, se présentant à son tour :
« On m’appelle Raspoutine ; un nom qui ici ne vous inciterait pas à me faire plus confiance qu’au goujat qui s’en est pris à vous… »
Son sourire énigmatique et à présent légèrement cruel s’élargit. Elle ne devait pas connaître sa réputation, alors pourquoi lui révéler ce qui aurait pu la faire fuir ? Peut-être la testait-il. Il avait envie de voir si qu’elle voulait de lui - car elle devait bien vouloir quelque chose qu’elle n’avait pu obtenir avec sa précédente victime - était plus important pour elle que de conserver son masque de femme effarouchée en place. De voir jusqu’où elle était prête à conserver les apparences. Il n’avait pas été intéressé par autre chose que sa vengeance voilà bien longtemps, et il n’avait pas envie de la laisser s’échapper si vite. Qui sait, peut-être pourrait-il tirer quelque chose de cette rencontre, après tout. Tout en s’éloignant du quai vers une ruelle, nota-t-il, tout aussi déserte et mal éclairée, il reprit de sa même voix doucereuse :
« Quant aux démons, je ne dirais qu’une chose, mademoiselle : il faut se méfier des apparences. Ce sont bien souvent ceux doté du visage le plus angélique qui sont le plus à craindre… »
Et alors qu’il la regardait droit dans les yeux, il était difficile de dire s’il parlait de la mauvaise rencontre qu’elle venait de faire, de lui-même… ou d’autre chose.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Des Sirènes à Saint-Petersburg - ft Gregory E. Raspoutine Sam 16 Nov - 17:12

Il avait une étrange façon de la regarder... Elle n'aimait pas ça, mais alors pas du tout. Autant quand ses yeux de velours se posaient sur elle, Ebony savait qu'elle était maitresse de la situation. Ils brillaient presque de désir pour elle, ou assez pour l'entendre et surtout l'écouter. Pouvait-elle faire ce qu'elle voulait de lui ? Elle marchait doucement pensive, revivant chaque scèhne, chaque seconde. Elle oubliait bien certain détails, n'étant pas totalement objective par la colère lointaine qui la rongeait encore et toujours et à jamais... Il détournait les yeux et il était le roi de son esprit. Mais comment faisait-il ? Voilà ce qui la tracassait. Il allait dans son sens, mais presque avec autant de retenu qu'elle et ça elle le sentait par sa distance. Il n'était pas prêt à tout et presser comme l'homme précédent. C'était souvent ce qui se passait... Là, il manquait un petit quelque chose. Il était coriace. Les hommes ne pouvaient rester de marbre devant une jolie dame qui leur faisait croire qu'elle se donnerait entièrement... Elle en grinçait presque des dents. Joli défi ! Elle saurait y arriver... Elle ruminait. On ne l'aurait pas deux fois ça ce soir... Ca non. Déjà qu'un échec était presque inadmissible, vu ce que lui avait fait vivre son premier époux, mais alors deux le même soir... Elle serait animée de folie. Non, elle ne pouvait être assez sotte, rien que pour les laisser s'échapper et encore moins pour tomber sous le charme.

Elle ruminait, encore et encore, mais le bel inconnu la sortie de ses idées mauvaise. Il lui allégea la conscience, l'obligeant à trouver une nouvelle concentration. Il lui confia simplement qu'elle pouvait bien garder son manteau sur les épaules et qu'il tenait à la ramener. Elle ne se rendait pas compte qu'elle flottait sur les pavés du quai, et se retourna toutes guillerettes, les joues roses avec un petit sourire touchée.

- Vous êtes vraiment gentil. Quelle chance de tomber sur vous après ce qu'il m'est arrivé... Qu'aurais-je fais sans vous ?

Les hommes adoraient cette dernière phrase. Elle gonflait leur égo. Ils se sentaient indispensables et la majorité jouissaient de cette sensation. Surtout quand elle vient d'une femme aussi jolie qu'elle. Elle grimpa avec volupté les escaliers pour revenir sur la terre ferme, vers les habitations, et il la suivait toujours. Elle reprenait du poil de la bête. Elle y croyait. Quoi qu'il ne s'était toujours pas présenté. Il était assez mystérieux, et l'étant elle même, elle savait que la méfiance rimait avec ce genre de caractère.

Il lui proposa un bras. Il était temps ! Les femmes pouvaient être encore plus manipulatrice dès qu'il y avait du contact. Elle lui fit une simple révérence d'un signe de tête pour le remercier et glissa son bras fins dans le creux de son coude, avec une délicatesse inée. Elle était de base pure et innocente, presque comme Blanche Neige, avant d'avoir été abusée. Il se présenta enfin. Elle leva les sourcils, tellement satisfaite, un sourire qui étirait une bouche affâmée jusqu'à ses oreilles.

- Rouspi... Raspoutine ? Enchantée. J'aime tellement la sonorité de vos nom dans ce royaume... Mais, je doute que vous soyez plus ... malpropre que ce fou qui a osé me jeter à l'eau. J'en suis certaine...

Mais alors pas du tout. Elle resta figé devant son sourire, loin était son regard de femme naïve. Elle était plus femme, plus vieille, plus forte et surtout plus froid, plus calculateur, plus intelligent qu'elle ne se laissait paraître. Il eut cette chance de voir son vrai miroir de l'âme pendant une seconde. Elle n'aimait pas son attitude. Ce fut sûre. Elle devait être plus prudente qu'elle ne le pensait. Qui était-il ? Elle détourna les yeux, puis son visage, le guidant dans une ville qu'il devait bien mieux connaitre qu'elle. Raspoutine ? Elle connaissait. Elle avait déjà entendu ce nom... Mais où ? Dans quelles circonstances. Des échanges de verve, elle en avait tant essuyée, à peine écouté, fit semblant de s'y intéressé. Elle savait juste que cet alignement de syllabe lui avait déjà sauté dans le creux de l'oreille. Elle essaya en vain de s'en rappeler, mais ce fut juste qu'un nom.

Les voilà dans une ruelle, encore plus inquiétante que les quais, moins fréquentés, lieu du crime parfait. Qui était le plus en danger, là elle se le demandait. Elle prit une forte inspiration et il brisa le silence lugubre de la petite rue isolée. Elle le voyait très bien, malgré la pénombre qui vous happaient comme les ténèbres, étouffante et inquiétante. Elle se retourna brusquement. La gentille petite Ebony tombée à l'eau et frigorifié avait disparu. Elle avait un visage si glacé, si sûre d'elle et surtout pas innocent. Pas une once de candeur dans ses traits et son attitude. Sa poitrine gonflée, elle se tenait droite, même s'il la toisait de sa taille. Elle voulait lui montrer qu'elle était plus grande que ce qu'elle paraissait être.

- Qui êtes vous ? siffla t-elle en n'oubliant pas de le détailler de la tête aux pieds, cherchant des armes sur lui. Vous n'avez pas un visage angélique, du tout... L'attitude peut-être. Quoique, je dois noter, que vous attisé ma curiosité. Comment ne pas abusé de moi, alors que j'étais tout juste bonne à être cueillie... Qu'attendez vous de moi...

Sa respiration se fit plus forte, plus monstrueuse, comme un feulement de lion, puis devenant un grondement au fond de son être.

- Vous auriez pu me tuer sur les quais... Je n'ai rien de valeur sur moi et je pense que vous êtes très mal tombé monsieur. Vous croyez aux légendes ? Vous écoutez les craintes des pauvres hommes de votre ville suintante de vice ?

Elle ne le quittait pas des yeux et fit doucement glisser le manteau de Raspoutine le long de ses épaules, froissant le tissus entre ses mains. Elle était prête à le déchirer entre ses mains, mais elle resta un petit peu maitre d'elle même.

- Je... Je voulais m'amuser... Mais vous aussi on dirait. Je suis fatiguée. Mieux vaut mettre un terme à tout ça.

Elle lui jeta son manteau en plein visage et puisant dans son énergie, elle se transforma, sortant son don du Kraken, pour venir l'écraser de ses appendices contre le mur. Sans eau, elle pouvait se changer quand elle le souhaitait, mais elle perdait en force. A sec, même avec une atmosphère aussi humide et froide comme le lieu où elle naquit, il lui fallait du temps pour retrouver ses ressources entièrement. Elle n'avait pour l'instant que la force d'un homme musclé, mais s'il ne réagissait pas vite, elle pourrait le briser rien qu'en respirant. Elle avait son visage si près de lui, ses yeux encore plus bleu presque blanc, l'iris serré d'excitation et d'agacement. Ses mains caressaient doucement son torse.

- Vous auriez pu en profiter un peu, c'est dommage...

Elle se lécha les lèvres, venant effleurer sa joue de ses lèvres pleines.

- Vous n'aurez que souffrance maintenant...

_________________

Ô mes mignonnes, n'en oubliez aucun.
Je reviendrai vous retrouver et vous récompenser.
Jusqu'au dernier, n'en laissez aucune miette...
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Gregory E. Raspoutine
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MessageSujet: Re: [Flashback] Des Sirènes à Saint-Petersburg - ft Gregory E. Raspoutine Mar 17 Déc - 2:18

Si pour Ebony il était un défi, elle était pour lui une énigme, et à son goût, ce n’était pas moins intéressant ni moins excitant, bien au contraire. Lorsqu’on incarnait soi-même le mystère qui imprégnait la vie des autres, la vie devenait étonnamment monotone et routinière. Une simple succession de jours tous semblables les uns aux autres. Il était l’inattendu, il était le danger. Avec si peu de choses pour lui résister, l’ennui serait devenu son pire ennemi si sa quête de vengeance ne l’avait pas consumé tout entier. Mais cela ne signifiait pas qu’il avait perdu son attrait pour tout le reste, qu’importait l’ampleur de son obsession, et il embrassait avec plaisir toute distraction qui pouvait, l’espace d’un instant, éloigner ses pensées de sa haine des Romanov. Non pas qu’il souhaitât l’oublier, non, jamais, il en serait bien incapable de toute façon : mais tant qu’il ne pouvait agir sur cette haine, tant qu’il serait forcé d’attendre son heure, elle ne serait que pure torture pour lui et ainsi il s’abîmait dans toutes les formes de délivrances qu’il pouvait trouver… certaines plus saines que d’autres. La curiosité était quant à elle, presque inoffensive. Oh, nul doute qu’elle aurait été fatale à un autre que lui, ou qu’elle lui aurait été fatale avant qu’il ne conclue un pacte avec le diable. Mais ce n’était plus le cas et il ne craignait pas la jeune femme. Elle était au mieux une interrogation en attente de réponse, au pire, une simple façon de tuer le temps. Il n’avait rien à perdre à jouer son jeu, rien qu’il ne chérissait en tout cas. Et il se délectait de la colère latente qu’il sentait poindre en elle, sous cette façade pensive et crédule, l’agacement, l’incompréhension, l’impatience. Il les reconnaissait comme s’ils étaient siens. Et ce n’était qu’une affaire de minutes avant que les masques ne tombent, il le savait.
Un sourire tranquille toujours collé aux lèvres, il continua à jouer le jeu, se demandant combien de temps il lui faudrait pour se révéler sous son véritable jour, déterminé à en avoir le cœur net. Il la laissa le guider, lui donnant l’illusion qu’elle était en contrôle de la situation alors qu’elle-même en faisant autant, jouant de ses charmes innocents, l’air toujours aussi fraîche et délicieuse, ne demandant qu’à être croquée. Elle loua ses mérites, flattant son importance, et Raspoutine n’eut aucun mal à voir en quoi cela devait être facile pour elle de faire tomber dans ses filets le premier mâle venu. Quant à lui, il ne croyait pas à la chance, et il n’était certainement pas intervenu pour elle – il doutait de toute façon qu’elle eut réellement nécessité son intervention. Il était, comme tout individu doté d’amour propre, sensible à la flatterie, mais encore fallait-il qu’elle fut sincère et qu’elle eut du poids pour lui ; et ce n’était pas en complimentant son altruisme qu’on y parvenait. Il s’était habitué à être le paria de St Petersbourg, ce qu’on disait de lui lui passait un peu au-dessus de la tête. Il y prêterait oreille lorsqu’on ferait les louanges de son pouvoir et de sa cruauté. Ce jour viendrait, il n’en doutait pas. Celui où l’ombre de Raspoutine planerait comme un voile de mort sur le Palais Impérial, et avec lui le souvenir glaçant d’une tragédie qui marquerait à jamais le royaume. Ce jour viendrait.

Mais pour le moment, il avait à son bras une superbe demoiselle qu’il soupçonnait aussi dangereuse qu’elle était jolie, et cela lui suffisait. L’issue de cette rencontre ne pouvait qu’être intéressante, il en était convaincu. Il serra néanmoins les dents lorsqu’elle écorcha son nom, mais resta silencieux, la laissant jouer le jeu de la jeune femme dévouée, admirative et soumise. Non, elle ne devait pas connaître sa réputation, auquel cas elle se serait un peu plus méfiée de lui, et ce même si elle se pensait maîtresse de la situation. Après tout, on disait beaucoup de choses sur lui, certaines vraies, d’autres fausses, bien souvent exagérées, mais rarement dénuées d’un fond de vérité, et il y avait de quoi faire trembler les âmes les moins farouches.

Ce fut à ce moment, pendant une seconde brève et fugace qu’elle révéla son vrai visage, froid et calculateur, déterminé, mais elle se recomposa bien vite, détournant le regard. Commençait-elle à avoir peur de lui ? Non, elle était simplement frustrée parce qu’il lui résistait, il ne tombait pas dans ses filets. Cela ne devait pas lui arriver souvent.
Ils entrèrent dans une ruelle sombre et étroite, le genre de ruelle où une femme n’irait jamais se promener seule avec un inconnu, pour galant qu’il parut, et il n’en fallut pas plus pour que le petit jeu s’arrête. Lorsqu’elle s’immobilisa pour se retourner vers lui, le masque de Raspoutine était lui aussi tombé : disparu, le sourire affable, l’attitude révérencieuse, à présent, un rictus cruel déformait ses lèvres et une colère calme brûlait dans le fond de ses prunelles. Le face à face muet ne dura pas longtemps mais il en avait vu assez ; son assurance, sa fierté, sa colère. Cette fois, elle lui tenait tête, la femme-enfant naïve et apeurée avait bel et bien disparue, laissant place à une femme sûre d’elle et glaciale, sans nulle douceur dans les traits. Oh, furieuse elle était délicieuse aussi, plus encore même : il avait toujours préféré les vraies femmes aux poupées innocentes, mais même cette apparence là était trompeuse, il le savait.

Elle l’assena de questions, tâchant d’extorquer de lui une réaction quelconque, peut-être bien de la crainte, et son ton monta progressivement, se faisant plus redoutable, plus terrible. Croyait-il aux légendes ? Il avait appris à y croire, oui. Les récits des marins partis en mer pendant des mois, les divagations des alcooliques dans les tavernes, et les rumeurs qui se propageaient comme la famine dans les rues, il les connaissait tous, et bon nombre parlaient de lui. Mais quant à elle… et bien, il soupçonnait bien évidemment, et c’était ce qu’il avait attiré en premier lieu à aller vers elle, mais entre les récits de quelques illuminés et la réalité il y avait bien souvent un fossé. Il voulait voir de ses propres yeux. Et son souhait allait apparemment être exaucé. Il attrapa prestement de la main le manteau qu’elle avait fait tomber de ses épaules pour le lui jeter au visage, et le laissa retomber à terre sans considération aucune pour le vêtement qui aurait pu nourrir une famille pendant des semaines entières – nombreux étaient ceux qui avaient tenté de le voler, et qui y avaient laissé une main, ou plus.

La transformation était spectaculaire, il devait lui reconnaître cela. Ses tentacules vinrent massivement s’écraser contre lui, le bloquant contre le mur avec force. Une force raisonnable, mais il estimait qu’elle n’était probablement pas au maximum de ses capacités : s’il avait été un simple homme, il serait sans doute déjà mort, sa cage thoracique comprimée étroitement, sa respiration lente et laborieuse. Mais rien dans son expression ne suggéra l’inquiétude ou la panique. Elle s’approcha de lui, ouvrant à nouveau la bouche, cette fois pour lui promettre une mort douloureuse et un rire mauvais s’échappa des lèvres du sorcier qui ne baissa pas le regard, ne tenta pas même de se libérer. Nombreux étaient ceux qui avaient fait une pareille promesse, et Raspoutine méprisaient les gens qui avançaient de telles choses alors qu'ils s'avéraient incapables de les tenir.
« Et vous, ma jolie, les écoutez-vous, les récits délirants de ces quelques âmes en peine ? »
Ses yeux s’étrécirent légèrement tandis qu’une aura étrange se dessinait autour de sa silhouette, noire, nauséabonde, menaçante, grandissante.
« Je vous ai pourtant dit que mon nom inspirait la crainte dans les ruelles de cette maudite capitale, peut-être aurais-je dû être plus explicite ? »
Cette fois, l’aura se répandit autour de lui, et les tentacules qui le retenaient se rétractèrent soudainement, se repliant sur elles-mêmes comme en proie à une douleur vive, obéissant à contrecœur à un ordre qui leur était infligé plus que donné. Et tout en s’éloignant du mur où il avait été retenu prisonnier quelques secondes plus tôt, il s’avança d’un pas vers la créature qui lui faisait face, bien moins menaçante à présent que son pouvoir maléfique l’obligeait à se tasser sur elle-même. Il aurait à son tour pu l’acculer contre un mur, mais il n’avait réellement aucun désir de la tuer. En revanche, il appréciait assez peu qu’on lui tienne tête, et pour faire bonne mesure, il serra sa main gantée en un poing, privant d’air sa victime qu’il attendit de voir quelque peu suffoquer avant de desserrer son emprise, un air satisfait sur le visage.
« Je connais la souffrance, je l’ai assez fréquentée, mais j’ai souvent constaté qu’il était plus plaisant de la dispenser que la recevoir. Ce n’est pas votre avis ? »
Il s’approcha d’un nouveau pas, l’air parfaitement détaché, comme s’ils discutaient de la météo autour d’un thé.
« Ne soyez pas surprise, vous l’avez dit vous-même : vous ne demandiez qu’à être abusée et je ne suis pas homme à refuser son plaisir à une femme. » Son sourire s’était fait sournois, son ton, sarcastique. « Mais dites-moi à présent, que dois-je faire de vous ? Une requête particulière ? Je suis tout ouïe. »


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[Flashback] Des Sirènes à Saint-Petersburg - ft Gregory E. Raspoutine

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