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Take my heart please... [PV Gregory ♥]

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Alban C. Sullivan
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MessageSujet: Take my heart please... [PV Gregory ♥] Mar 22 Oct - 1:40

9 Novembre,
quelques mois avant la malédiction


Encore un échec. Pire... humiliation. Parfaite déchéance. Le cri de haine retentit dans la sombre forêt de Sherwood alors que Robin et ses compagnons avaient encore réussi à lui fausser compagnie. Bien des années maintenant que cette chasse avait commencé, mais elle s'était rendu douloureuse seulement depuis six ans, quand Marianne – ah sa chère Marianne... - l'avait quitté pour son cousin. Littéralement abandonné, brisant les liens de fiançailles prévus depuis bien longtemps. Elle avait tout détruit, emportant dans son sillage le cœur déjà meurtrie de son fiancé. L'amour était un poison, Guy ne pouvait le voir qu'ainsi. Un poison pourrissant les chairs et l'âme, la vie et le cœur. Pour l'Amour, il avait fait tant de chose, pour lui il avait continué de se battre. Six années à ruminer... six ans à pleurer un amour perdu à jamais, qu'il se rendait compte n'avait nullement été réciproque. Mensonge. Elle n'était qu'une traitre. Marianne n'avait fait que le tromper, elle avait toujours préféré Robin à lui. Et la douleur de la vérité était amer, brulante et ne cessait de parcourir de sel les plaies déjà ouvertes. Vivant ? Oh oui il l'était, c'était bien le problème. Bien des fois le jeune homme eut envie de mettre fin à sa vie, sans but et sans bonheur. L'espoir ? Ah il aurait bien aimé le chérir si Marianne ne l'avait pas emporté avec elle. Il avait cru pouvoir lui aussi vivre un futur sain et heureux. Pourquoi lui avoir enlevé ? Il haïssait la vie. Mais plus que tout autre, il voulait la vengeance. La rancœur qu'il vouait à son cousin, et par extension Marianne, était bien plus forte que nulle autre, et faisait vibrer en lui l'âtre de la colère, passionné par les braises de la haine, entretenue par le désire de vengeance.

Oui il criait, il pestait de rage, mais il continuerait, malgré la douleur bien présente, malgré l'épuisement de l'échec, malgré l'amour toujours présent. Oh il n'avait pas le cœur à aller jusqu'au château des Gisborne. Il avait besoin de voir quelqu'un. Un ami. Une personne en qui il avait placé toute sa confiance et qui lui au moins ne l'avait jamais déçu, ne l'avait jamais abandonné. Il était tard, et craignait de le déranger, mais dans son égoïsme, il se dirigea vers la demeure de son ami le shérif de Nottingham. Ce soir plus que tout autres soirs, il avait besoin de quelqu'un. Il ne supporterait pas plus long la solitude. Comme souvent sur le comté, les nuits d'automne étaient ponctuées par des pluies, et peu avant qu'il n'arrive, il se mangea quelques gouttes, rien de véritablement pesant. Et aux vues de l'état d'esprit de Guy... peu de chance pour qu'il s'en souci. Ses yeux étaient rougies. Il n'avait pas envie qu'on le sache, mais les larmes avaient envahie ses yeux, avant qu'il ne les chasses rageusement. C'était un vestige de ce qu'il essayait de cacher, de la douleur en lui... tout ce qu'il détestait, que l'on puisse lire en lui, et pourtant, sa faiblesse se faisait chaque jour plus présente sur son visage : creusé par les cernes, pâles, pas vraiment amaigri, mais c'en était l'impression. Arrivé devant la grande porte de la demeure du shérif, à l'image de son habitant, il toqua, rabattant sur lui sa cape, frigorifié par le vent et la fatigue. On ne tarda pas à lui ouvrir, le propriétaire en personne par ailleurs.

« Pardonnes moi Gregory... je... je ne te dérange pas ? J'avais besoin de te parler... »

Le souffle court, Guy avait du mal à trouver ses mots, et manquait presque de lâcher totalement prise, non pas par fatigue, mais parce que clairement, le désespoir était sur ses traits. Il avait tellement honte de se laisser ainsi voir, aussi faible, surtout devant une personne qu'il respectait autant que le shérif... Rassuré qu'il le laisse entrer, Guy garda néanmoins sur lui sa cape trempée, malgré tout dans l'espoir de se réchauffer un peu, mais visiblement, ses tremblements n'étaient pas que dû à la température extérieure. Il se retourna vers son ami, un regard de détresse sur le visage, ce qu'il ne se rendait hélas pas du tout compte. Et les mots ne venaient pas. Peur, honte, tristesse, douleur...
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Gregory E. Raspoutine
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Once Upon A Time
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MessageSujet: Re: Take my heart please... [PV Gregory ♥] Mer 23 Oct - 19:48

Assis sur une chaise, les pieds nonchalamment posés sur une autre, le shérif était occupé à nettoyer méticuleusement la lame de son épée à la lueur du feu. Il faisait nuit, et la fraîcheur d’automne commençait peu à peu à s’infiltrer insidieusement dans les chaumières et sous les manteaux, annonciateur d’un froid à venir plus grand encore. Seuls les battements de la pluie aux fenêtres et le craquement du bois dévoré par les flammes venaient briser le silence qui pesait dans la demeure de Raspoutine. Une demeure étonnamment modeste, d’ailleurs : il n’y manquait de rien et elle avait certainement assez d’allure pour ne pas tromper sur le rang et la fortune de son propriétaire, mais de sa part, la plupart se seraient probablement attendus à ce qu’il vive dans un château luxueux, entouré de domestiques, tous prêts à se plier en quatre pour lui obéir. La vérité, c’était bien entendu qu’il possédait l’un et l’autre, et s’il appréciait le confort et la démesure de l’un, il chérissait tout autant la tranquillité et l’isolement de l’autre. Le shérif était un homme assez solitaire, et il ne craignait pas d’avoir à faire les choses par lui-même : il n’avait pas toujours eu des servants à sa botte, après tout. En outre, le désir de pouvoir et celui de fortune allaient si souvent ensemble qu’on avait fini par les mélanger à tort : le shérif avait soif de pouvoir, mais n’avait nul intérêt pour la richesse ; qu’en aurait-il fait ? Il avait le confort qu’il lui fallait et quand bien même, il n’était pas une petite nature incapable de survivre sans son luxe quotidien. C’était un bonus plaisant, mais pas une nécessité. Ceci étant dit, il était néanmoins l’un des hommes les plus fortunés de Nottingham, mais cela n’avait jamais été sa motivation première, même si peu auraient été enclins à le croire.
Et ainsi, las du tumulte, il avait congédié ses domestiques pour la nuit et se trouvait seul dans sa demeure secondaire dont ceux qui en connaissaient l’existence se comptaient sur les doigts d’une main.

Ce qui expliqua sa surprise lorsqu’on frappa à sa porte, mais également sa perplexité lorsqu’il comprit de qui il s’agissait sans même avoir eu à ouvrir la porte : il n’y avait réellement qu’une seule possibilité, et vu l’heure tardive, cela ne présageait rien de bon. Il se releva donc, gardant son épée en main. Oh, il ne craignait pas son visiteur nocturne, non, ou du moins il craignait pour lui, et s’il n’y avait qu’une seule personne au monde qui pût compter sur lui en cas de soucis, c’était bien lui. Il était prêt à faire tomber les têtes de tous ceux qui toucheraient ne serait-ce qu’à un seul de ses cheveux, et Raspoutine n’était pourtant guère quelqu’un de protecteur ou de bienveillant… bien au contraire.

Ouvrant la porte, il révéla un spectacle aussi pitoyable que déchirant, et presque malgré lui, son cœur se serra. Guy de Gisborne, son second, bras droit, et seul véritable ami. Le fils qu’il n’avait jamais eu. Car il s’agissait bien de cela : Guy avait approximativement l’âge qu’aurait eu le sien s’il n’avait pas été tué. Il avait toutes les qualités qu’il aurait aimé lui voir naître, toutes les caractéristiques qu’il estimait, excepté peut-être la force de caractère. Non pas qu’il en manquât réellement, mais le jeune homme lui vouait une confiance aveugle et si elle était en un sens justifiée (quoiqu’on en dise, il veillait réellement sur ses intérêts et ne lui voulait que du bien, c’était sa façon de faire qui pouvait laisser à désirer, jamais les motivations elles-mêmes), peu le voyaient de cet œil. Et puis il y avait son amour, destructeur et envahissant, pour Marianne. Une femme qui pourtant ne lui allait pas à la cheville, ce qu’il ne manquait jamais de lui rappeler, mais hélas, mille fois hélas, l’amour ne se contrôlait pas. Cet amour le rongeait, et c’était visible. De jour en jour il le voyait dépérir. Les traits plus creux, le teint plus pâle, le corps plus frêle, il le sentait perdre goût à la vie et avait l’impression de voir un homme souffrant d’un poison inéluctable qui le faisait avancer, lentement mais sûrement, vers sa fin. Une chose qu’il ne permettrait pas. Il resta muet face aux yeux rougis de son adjoint tremblant qui murmura du bout des lèvres :
« Pardonne-moi Gregory... je... je ne te dérange pas ? J'avais besoin de te parler... »
Le cœur lourd, Raspoutine s’effaça du seuil de la porte pour lui laisser la voie libre, répondant d’un simple « Entre » avant de refermer la porte derrière lui, puis de déposer son épée sur la table. Une main dans son dos, il guida Guy vers l’âtre.
« Viens, approche-toi du feu, tu sembles frigorifié. Et enlève-moi cette cape avant d’attraper la mort. »
Il soupçonnait le froid de ne pas être la seule cause de ces frissons, mais n’en dit rien, se contentant d’aller chercher une couverture qu’il lui tendit muettement une fois revenu auprès de la cheminée. Il n’avait jamais vu son ami afficher une telle détresse, et, en connaissant la cause,  se retenir d’aller trouver Robin et Marianne et d’exposer leurs boyaux à l’air libre demandait toute sa volonté. Mais il était hors de question de laisser Guy seul dans cet état. Celui-ci le regardait d’un air qui semblait presque suppliant, mais sans mot dire. Gregory poussa un soupir inaudible et se redressa pour aller mettre de l’eau chaude à bouillir. Il ne le forcerait pas à parler s’il ne le souhaitait pas, mais il n’allait pas rester silencieux face à sa souffrance non plus.
« Elle ne mérite réellement pas que tu te mettes dans états pareils, mon ami. Si seulement tu pouvais le voir comme moi je le vois… »
Mais c’était vain et inutile, il le savait bien. On ne contrôlait pas les élans de son cœur. Peut-être le problème était-il bien là.
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Alban C. Sullivan
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MessageSujet: Re: Take my heart please... [PV Gregory ♥] Dim 27 Oct - 17:55

Le froid s'était insinué dans chacun des pores de sa peau, et provoquait des frissons incontrôlés que le jeune homme tentait tant bien que mal de brider. Malgré la chaleur réconfortante du feu devant lui, Guy était certain de ne pouvoir jamais se réchauffer. Il se sentait gelé aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur en réalité. Froid, glacé, ce n'était rien de plus qu'une enveloppe vide, bouffé par des sentiments bien trop forts qui peu à peu le menaient vers un destin bien tragique. Malgré toute sa volonté, il avait comme la sensation que rien ne pourrait l'empêcher d'aller vers cette mort certaine. Il ne la désirait pas, mais ne pouvait nier l'avoir déjà appelé. Car la souffrance en lui était telle qu'il ne parvenait plus à la comprendre, la supporter et la porter. Elle allait l'écraser, faire de lui un pantin vide et triste, animé par l'animosité vivace et fugace d'une jalousie mortelle et d'un amour non réciproque. La vengeance était un moyen pour avancer, mais surtout un poison, autant que l'amour en fait. Mais Guy avait préféré cette première à cette dernière, même chacune de ses tentatives n'avaient trouvé aucune finalité satisfaisante et continuait de porter le jeune homme dans un engrenage cyclique et interminable. En vérité, il y avait peu de chance pour que Guy s'en sorte réellement, et si solution il y avait, lui n'avait pas la réponse.

Était-ce pour une réponse qu'il était venu voir en ce soir son ami ? Sans le prévenir, par égoïsme pur ? Peut être bien. Guy était tan perdu qu'il n'aurait su expliquer le cheminement des ses propres pensées et expliquer clairement ce qu'il voulait. Surement en premier lieu, du soutient, chose qu'il avait toujours trouvé auprès de Gregory. C'était le seul en qui il avait pu faire confiance durant toutes ces années, le seul a qui il avait confié sa peine et qui n'avait pas peur de lui dire clairement ce qu'il pensait. Il le savait de bon conseil, au moins avec lui, et savait aussi que jamais il ne le laisserait tombé. C'était de l'ami qu'il avait besoin ce soir, du presque père, et non pas du shérif et du patron. Tombant les masques, ce que Guy détestait, il se laissa aller à une détresse sans borne, ce qui ne lui ressemblait pas. Il était adulte, intelligent, indépendant, il n'avait jusque là jamais eu besoin de s'appuyer sur quelqu'un et avait toujours haït l'idée de le faire. Il avait tellement de respect pour le shérif qu'il avait honte de venir le voir pour une histoire qui ne le regardait pas sinon de loin. Mais il avait besoin de lui, plus que jamais, conscient que si on le laissait, peut être que la bêtise l'emporterait. Et ce n'était pas sa volonté et son égo touché qui iraient l'arrêter, hélas. Sans un mot, il écouta les paroles de Gregory, acquiesça en silence en retirant la cape humide, accusant un autre frisson plus fort. Crispé, il saisit la couverture que lui tendait son ami, avant de la passer sur ses épaules, essuyant au passage son visage encore humide et ses cheveux légèrement dégoulinant. Quelle image pitoyable devait-il dégager. Si il avait été moins égoïste et en proie à la détresse, il n'aurait jamais osé se montrer sous une telle apparence à Raspoutine. Il n'avait même pas envie d'imaginer ce qu'il pensait de lui, et ça le terrifiait presque de se le demander. Mais quel était donc cette folie ! Il n'était plus un gamin... et pourtant, la situation présente le démontrait plus comme tel, et il aurait préféré se fustiger si pied sous terre.

Prenant place dans l'un des sièges, le jeune homme garda le silence, se frappant mentalement à nouveau de ne pas être plus clair et explicite, conscient que malgré toute l'affection que lui portait le shérif, il pouvait à tout moment venir à bout de sa patience. Guy n'était pas conscient de la profondeur de sa relation avec cet homme, et même si celui ci avait toute sa confiance, les évènements de son propre parcours personnel avait laissé sous entendra à Gisborne qu'il pouvait à tout moment être abandonné. C'était sa plus grande crainte, sans le savoir. Croisant le regard de Gregory, il se retint de ne pas s'excuser à nouveau de la gêne occasionné. Guy était peut être à un point critique, mais il gardait sa propre fierté. Et si celle ci était un peu mise à mal, ce n'était pas la peine d'en rajouter encore plus. Un regard vers le feu brulant devant lui, il préféra s'y perdre quelques minutes, jusqu'à ce que la voix de Raspoutine tranche le silence. Il avait entendu tant de fois cette rengaine, et à chaque fois, Guy n'avait pu qu'approuver. Oui, il était totalement d'accord, mais hélas, les élans de son cœur étaient incontrôlables et incontrôlés. Il ne pouvait rien contre, et autant il détestait Marianne, autant il l'aimait toujours comme au premier jour. D'une voix morne, affaiblit par le froid, il se contenta de répondre, blasé mais conscient, comme toujours, de l'aspect risible de sa situation.

« Je le sais, oui... je le sais... Mais je ne peux rien contre tout ça. J'aime cette femme, plus que tu ne peux l'imaginer. Je l'aime et je tuerais pour la retrouver, je serais prêt à sacrifier ma vie si il le fallait. C'est tellement... stupide. Il rit avec amertume. Mais je l'aime, et je la déteste. Si tu savais. Je la tuerais de mes propres mains pour m'avoir trahi et avoir préféré Robin. Mais j'en suis bien incapable. Je suis si pitoyable... »

Il avait si mauvaise opinion de lui même ? Complètement, car Guy était bien plus intelligent et clairvoyant sur les élans de son propre cœur. Et il trouvait ça si idiot, si faible, qu'il en avait honte, et aurait tout fait pour s'en débarrasser. Tout, oui...

« Si je pouvais arracher ces sentiments, je le ferais. Si j'avais un moyen, je le saisirais, et ne garderais pour elle que la haine et la rancœur. Je te le jure mon ami, si j'avais une telle solution... »

La fureur dans la voix et dans le regard, mêlé à la tristesse et au désespoir, Guy était le parfait mélange du paradoxe de la haine et de l'amour. À la fois si bien entremêlés et se chevauchant dans un chaos endiablé. Mais Gisborne était un peu beau parleur. Il ignorait la portée de ses paroles, et plus encore, ne savait pas ce qu'il devait faire si le cas de figure se présentait à lui. Il imaginait, rêvait, mais doutait un jour de pouvoir espérer telle solution. Y être confronté serait autrement plus délicat.
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Gregory E. Raspoutine
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MessageSujet: Re: Take my heart please... [PV Gregory ♥] Mar 5 Nov - 1:57

Si Raspoutine était surpris, il le cachait bien. Et ce n’était pas tant l’état de son ami qui le surprenait, car il en avait vu la lente progression, mais bien sa présence ici, en cet instant. Ils partageaient beaucoup de choses, et parmi elles, une farouche fierté qui leur rendait particulièrement difficile le fait de révéler leurs faiblesses à qui que ce soit d’autre, même de proche. C’était en tout cas vrai pour l’ancien Raspoutine ; celui qui avait encore quelque chose à perdre. Ce n’était plus vraiment son cas. Sa seule faiblesse aujourd’hui, c’était peut-être justement Guy. Le seul en lequel il s’autorisait à retrouver une notion perdue de famille. Et s’il avait fait fi de sa dignité (non pas que Raspoutine perdrait de son estime pour lui en le voyant les larmes au bord des yeux, c’était bien sous-estimer le lien qu’il y avait entre eux pour cela) en venant ici au beau milieu de la nuit – au risque de le déranger (ce qui ne risquait cependant jamais d’arriver) –, c’était réellement qu’il touchait le fond. Maudits soient ce Robin et cette Marianne. Un jour, il leur ferait payer. Chèrement. Mais en attendant… en attendant il serait là pour celui qui avait besoin de lui.

L’air préoccupé, il s’approcha pour prendre la cape humide de son ami et l’accrocher près du feu où elle pourrait sécher pendant que son propriétaire en faisait de même, et pressa brièvement l’épaule de celui-ci avant de s’asseoir à ses côtés. Penché en avant, il observa sans un mot son profil, découpé par les flammes hautes qui s’élevaient dans l’âtre et où les ombres s’animaient, accentuant encore son air sombre, et attendit muettement qu’il prenne la parole à son tour ; qu’il s’exprime, qu’importe pour dire quoi, qu'il déverse sa bile si cela pouvait l'aider ! Mais il ne le pressa toujours pas à parler pour autant. Il pouvait deviner sur ses traits une honte de lui-même qui ne lui paraissait pas justifiée mais sur laquelle il ne tenait pas à appuyer encore plus en le lui disant ; c’était le meilleur moyen d’obtenir l’effet inverse de celui désiré. Il ne pouvait que le mettre à l’aise et se montrer présent pour lui, en espérant qu’il savait qu’il pouvait toujours compter sur son appui. Il avait bien sûr tenté de l’éloigner de Marianne, de lui faire voir son vrai visage, mais si les effets de son influence s’étaient faits sentir, ce n’était clairement pas assez pour le guérir de son amour pour elle, hélas. Le plus terrible, c’était que malgré tout, Guy était parfaitement conscient du pouvoir que la cruelle exerçait sur lui, et aurait sans aucun doute aimé s’en défaire le premier.
« Je le sais, oui... je le sais... Mais je ne peux rien contre tout ça. J'aime cette femme, plus que tu ne peux l'imaginer. Je l'aime et je tuerais pour la retrouver, je serais prêt à sacrifier ma vie si il le fallait. C'est tellement... stupide. Mais je l'aime, et je la déteste. Si tu savais. Je la tuerais de mes propres mains pour m'avoir trahi et avoir préféré Robin. Mais j'en suis bien incapable. Je suis si pitoyable... »
Stupide ? Pitoyable ? Il était vrai qu’il l’aurait dit de beaucoup de gens dans la même situation, mais pas Guy, non. Plus que de la subjectivité, c’était sa connaissance du personnage qui l’en empêchait. Il n’était pas un de ces romantiques la tête dans les nuages, sans caractère et sans volonté, à réciter mièvrement des poèmes d’amour jour après jour, non, loin s’en fallait. En vérité, Guy lui donnait parfois l’impression de marcher sur ses pas et il pouvait aisément voir en lui un héritier spirituel. Difficile donc de lui attribuer ces adjectifs, peu importait combien l’amour accaparait le jeune homme et peu importait que lui-même n’en ait jamais ressenti de pareil. Il avait eu de l’affection pour sa femme, et avait aimé son fils avec force, mais rien d’aussi puissant, d’aussi consumant, que ce que Guy éprouvait pour Marianne. Raspoutine n’était un passionné que dans sa rage.
« Cesse donc de t’auto-flageller ainsi, nous savons toi et moi que tu n’es ni pitoyable, ni stupide et je refuse que tu en doutes à cause d’elle. »
Elle, ne méritait même pas d’être nommée. Il cracha ce mot comme du venin, agité par la seule idée qu’elle puisse à ce point pénétrer dans l’esprit de son ami pour le faire se sentir si misérable, mais fort heureusement, le sifflement de sa bouilloire l’interrompit avant qu’il ne se lance dans une nouvelle diatribe contre la jeune femme.  Il se redressa et s’avança pour servir deux tasses de thé bien chaudes avant de revenir en glisser une dans les mains de Guy pour l’aider à se réchauffer. Un remède de sa concoction, mais rien de bien exceptionnel, un simple tonifiant ; cela n’aiderait peut-être pas beaucoup son ami, mais c’était toujours mieux que rien.
« Si je pouvais arracher ces sentiments, je le ferais. Si j'avais un moyen, je le saisirais, et ne garderais pour elle que la haine et la rancœur. Je te le jure mon ami, si j'avais une telle solution. »
Tandis qu’il reprenait sa place sur le fauteuil opposé, sa propre tasse dans les mains, le regard de Raspoutine se fit songeur. Ce moyen, il existait, et il y avait déjà songé par le passé. Mais c’était une méthode… extrême qu’il avait préféré ne pas soumettre à son ami. Elle impliquait son entière confiance en lui d’une part, et d’autre… et bien, elle avait un prix à payer. Il ne pouvait pas bannir que l’amour de son cœur, il fallait renoncer au reste aussi, excepté les sentiments les plus noirs. Ce n’était pas forcément quelque chose d’enviable, mais dans de telles circonstances et au jugé de la détresse de son second, peut-être était-il temps qu’il lui en fasse au moins la proposition ; qu’il lui donne le choix. Après, les cartes seraient dans ses mains.

Avec hésitation, son visage légèrement assombri, il prit la parole, le regard fixé sur les flammes.
« Il y a peut-être bien un moyen… mais cette solution n’est pas à considérer à la légère. » Tournant son regard perçant vers Guy, il s’assura que ses paroles s’ancraient en lui avec la gravité qu’il y mettait et après un silence, reprit avec lenteur : « Je peux t’arracher le cœur. Cela ne sera pas douloureux, et cela ne t’empêchera bien sûr pas de vivre. Mais tu n’aurais plus à ressentir cet amour, ni cette peine. Il y a une contrepartie, cependant. L’amour ne sera pas le seul sentiment qui te sera inconnu. Seule la haine pourra encore se frayer un chemin jusqu’à toi. Mais si c’est ce que tu souhaites et si tu as confiance en moi, je suis prêt à le faire. »
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MessageSujet: Re: Take my heart please... [PV Gregory ♥] Dim 24 Nov - 22:42

En cet instant, Guy avait véritablement piètre opinion de lui même, et pour cela, il avait envie de s'en blâmer plus encore. C'était un cercle vicieux instable qui ne laissait pas place au choix. Surtout pas quand comme le jeune homme, tout semblait flou dans ce monde qui avait perdu couleurs, saveurs et senteurs. Ce n'était pas l'ennuie perpétuel, c'était la perte littérale du goût pour tout. Et si il avait essayé de se convaincre qu'il pouvait aller au delà de la douleur qui le saisissait au cœur à chaque instant de sa vie, il prenait peu à peu conscience qu'il ne pouvait y échapper, et que l'amour le terrassait petit à petit, dévorant chaque parcelle de son être d'un feu ardent, consumant ce qui restait de lui. Du peu qui restait de lui. Le comte de Gisborne avait peu à peu décliné dans une souffrance maladive que peu ne pouvaient lui reconnaître, faisant bonne figure devant les autres, affichant seulement un teint plus pâle à mesure que les mois et années passaient. Seul son ami le shérif avait saisit l'ampleur des dégâts, tentant avec lui de mettre fin à ce martyr en pourchassant en tout temps Robin et Marianne. Ils méritaient une punition, justice devait être rendu, pour le mal causé, pour la trahison engendrée. De tout son être, Guy le rêvait, l'espérait, mais lorsqu'il faisait face à la situation, alors que sa main pouvait poignarder l'importune, le bras refusait de blesser, refusait de mettre fin à l'amour et la haine. Le jeune homme était prisonnier de ses propres sentiments jusqu'à s'en damner lui même. Alors oui, il était pitoyable de cet amour qui n'avait aucune place en son cœur, de cet amour qui le poussait à la déraison et la mort. Car c'était ce qui l'attendait. Il la voyait venir de sa sombre cape, entourée d'une nuée de ténèbres pour le faucher. Il la refusait et pourtant... pourtant parfois, il songeait à mettre fin à cette tourmente.

Elle était la cause de tout. Elle avait tout déclenché : l'amour, la jalousie, la colère, la haine, la souffrance... Marianne était la cause de tout, et jamais elle ne s'était retournée pour regarder les dégâts qu'elle avait causé. Guy avait toujours tout fait pour elle, dans la démesure de sa folie et de ses sentiments possessifs, mais jamais il ne l'aurait abandonné. Et qu'avait-elle fait ? Elle avait brisé ce lien qui les unissait depuis des années, elle avait rompu les fiançailles, bafouée son nom et le sien pour un amour idiot et proscrit, un amour de criminel et hors la loi. Elle était indigne de tout et surtout de lui. Pourquoi fallait-il que ce cœur vibre pour elle ?! La main de Guy accueillit inconsciemment cette tasse chaude entre ses doigts. Mais son regard n'arrivait pas à se détacher des flammes alors qu'il imaginait douloureusement Marianne bruler dans ce bucher pour tous les maux qu'elle lui avait apporté. Robin aussi, mais Guy aurait réservé pour lui un sort bien plus terrible, bien plus sanglant que son ardente colère. Lui aussi était coupable, mais pour lui, il le laisserait regarder Marianne pourrir dans les braises, il l'obligerait à contempler cette mort qu'il avait cherché. Qu'ils avaient tous deux cherché. Ce n'était que Justice. Mais pour cela, il devait aller au delà de ses sentiments. Et rien, non rien ne semblait pouvoir le laisser s'en détacher.

Le silence de son ami, si il n'aurait en temps normal pas du l'inquiéter, le fit relever les yeux pour croiser un regard sombre, incertain, chose qu'il n'avait que très rarement vu dans le regard de Raspoutine. Si Guy s'était attendu à avoir réponse à sa demande formulée sous le coup de l'émotion sans véritablement croire qu'il y avait possibilité de l'exhausser, il ne l'aurait peut être pas exprimé. Mais c'était fait. Et au fond, savoir qu'il y avait moyen pour lui de chasse définitivement ce mal qui le rongeait le... rassurait ? Non, l'exaltait. Il avait la possibilité de mettre fin à toutes ses souffrances ! Du moins... le ton lourd de conséquence de son ami ne lui laissa pas l'occasion de se réjouir. Il y avait quelque chose... et si cela concernait la magie, il avait conscience que derrière cela, il y aurait compensation. Alors quand Gregory croisa à nouveau son regard perçant vers lui, le jeune homme laissa sa concentration se renforcer, fronçant à son tour les sourcils, pleinement à l'écoute.

Son cœur rata un battement. Cette nouvelle qui aurait du être plaisant laissa un goût amère dans la gorge du comte, incertain finalement de ce choix qui s'offrait à lui. Était-il seulement capable de se débarrasser de tout, tout ce qu'il ressentait de bon pour ne garder que la haine et la rage ? Son visage se décomposa, et ne pouvant soutenir le regard de son ami, il le détourna, presque tremblant. Quelle cruauté était-ce là de lui dire qu'il y avait un solution, mais que le prix à payer était d'une lourdeur sans pareil ? Que pour se débarrasser de l'amour, il devait renoncer à tout... En lui, tout semblait s'affoler, entre l'envie d'accepter, et la peur de l'acte qu'il allait demander. Si il avait toute confiance en Raspoutine pour lui confier sa vie, c'était en lui qu'il craignait, en la faiblesse de ce même cœur dont il ne pouvait se débarrasser. Il répondit alors, sa main se portant vers ce cœur battant et effrayé, la voix trop chevrotante alors que son regard s'animait d'une flamme nouvelle. Une flamme qui acceptait.

« Il serait si simple de dire oui. Pour toute cette souffrance et cette peine qui m'assaillent et me pourrissent l'existence, je dirais oui sans hésiter, je me laisserais arracher le cœur pour m'en débarrasser. Mais... ne serais-tu pas toi même prit d'un doute alors que l'occasion se présente ? Ou peut-être est-ce la peur... oui la peur, je crois bien que c'est ça. »

Il monologuait en vérité, un faible folie qui passait à son esprit, effrayé, fatigué et en proie à cette douleur qui le tuait. Guy n'était que le pantin vide de ses émotions trop fortes, dévoré, détruit, peu à peu disparaissant dans la nuit. Si l'on voulait être clair à son sujet, si son coeur restait, dans quelques nuits, c'était son cadavre que l'on retrouverait. Et le pire... il avait dans cette douce folie conscience de ce destin qui l'attendait.

Et la pensée traverse... la pensée folle. Il s'adosse au fauteuil, se tourne à nouveau vers son ami, le seul qui jamais ne pourrait le trahir, celui à qui il allait confier sa vie.

« Gregory, libères moi de lui. Arraches moi je t'en prie ce cœur avant qu'il ne me tue. Car je sais... si je tarde trop, que bientôt je ne fasse l'irréparable. Prends le... »

Flamme de folie qui anime le triste pantin. Ses yeux se ferment. Il souffre, alors que ce cœur se plaint de cette séparation à venir. Non, il ne peut le garder. Il est trop tôt pour mourir, trop tard pour souffrir.
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Take my heart please... [PV Gregory ♥]

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